En chantier

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Quand on me parle de mon blog je me sens mal à l’aise. Cela n’arrive pas souvent et j’ai envie de dire tant mieux car je peux continuer à faire semblant de l’ignorer ou du moins de ne pas me focaliser dessus. Puisque les gens sont fondamentalement gentils, ils ne disent que des choses gentilles (ou bien préfèrent ne rien dire tout court ? comment savoir). Ce n’est donc pas tellement la réaction des autres qui est la cause de ce malaise encore que… même ce petit nombre montre que le blog existe, il est bien là, dehors et qu’indépendamment de moi, du monde passe.

Mais non, ce n’est pas ça. Ce malaise est plus lié au fait que je le sens faux et creux. Léger, simple, bourré de pseudo recettes certes bonnes mais en rien révolutionnaires ni originales. Mais c’est surtout ce ton, un peu niais du genre du meilleur des mondes qui existe. Evidemment, il y a une raison ou du moins une explication à cela. Plusieurs d’ailleurs. La plus simple étant qu’en restant extrêmement superficielle et neutre, le blog demeure impersonnel, ne dévoile finalement rien de toute ma vie secrète remplie de passions obscures qu’on ne pourrait jamais soupçonner de l’extérieur.

Il y en au moins une deuxième. Je suis intimement convaincue qu’il est mille fois plus facile de dénigrer n’importe quoi et de tenter de se montrer par ce biais supérieur à la médiocrité ambiante plutôt que d’être sérieux et d’avouer au monde (ou pire, à soi) ses véritables goûts. Tout peut être sujet au critique et au scepsis, tout prête à démontrer sa propre supériorité. Or voilà, pour une fois je tâche de ne pas le faire. Le résultat est terriblement plat.

Lire Proust en même temps et par intermittence n’aidant aucunement.

Cependant, je n’ai pas rejeté tout espoir concernant cet espace. A force d’écrire (oui, plus, plus, beaucoup plus), un jour peut-être il y aura évolution. A force de prendre des photos, un jour peut-être capterais-je autre chose que des miettes de pâte sablée sur une nappe verte. En attendant, voilà l’explication à la condition actuelle de ce blog. Il est banal, oui, mais peut-être, à force de, un jour…

Où est-ce que je voulais en venir ? Je voulais dire entre autres… non, surtout, je voulais surtout dire que c’est un essai, un test, un brouillon, work in progress (puisque l’anglais est le nouveau latin, dixit Maarja). Que je tâcherait de faire mieux. Et que non, probablement ce blog ne sera jamais ce qu’il devait être au départ, c’est-à-dire un recueil de recettes.

En attendant, une chère collègue a été cueillir des herbes dans la forêt. Il y avait de l’ail des ours, de la ciboulette sauvage et d’autres tiges feuillues d’origine indéterminée. Le printemps. Il arrive d’un coup ici. La veille encore il a failli neiger alors qu’aujourd’hui il fait trop chaud, les cerisiers au jardin japonais ont perdu leurs fleurs avant que je les ai vues et les pommiers de maman risquent de subir le même sort en moins d’une semaine. N’empêche que des personnes vigilantes ont eu le temps de partir à la cueillette et de revenir avec des bouquets impressionnants d’herbes aromatiques.

Il y a eu du pesto maison (la « recette » plus bas puisque c’est le seul des plats à avoir été immortalisé par l’appareil photographique), des omelettes et… un risotto. Bien sûr. Et pour mettre un point décisif au misérable triptyque hivernal composé de patates-navets-carottes, la rhubarbe est arrivée dans la foulée. Ma tarte n’est pas vraiment traditionnelle et s’il fallait lui trouver un défaut, je dirais que la génoise était trop dure si ça a de sens mais mais mais, elle était très bonne, surtout saupoudrée de l’indispensable sucre glace.

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Pour le pesto :

Des herbes en quantité (basilic normalement, ici de l’ail des ours, de la roquette, des épinards, de l’oseille…)
Du parmesan râpé (enfin, un fromage à pâte dur et au goût prononcé donnera toujours le meilleur résultat)
Des pignons (ou d’autres fruits à coque)
De l’huile d’olive (je l’aime bien fruitée et parfumée)
De l’ail (ou pas car l’ail des ours)
Du sel et du poivre

e ne donne pas de quantités puisque cela dépend avant tout du goût personnel du chef et de la quantité d’herbes. Goûtez pour rectifier.

Nettoyer les herbes et écrasez les au mortier ou dans le petit bol du robot. Faites griller les pignons et ajouter à votre mélange ainsi que l’ail et enfin le parmesan. Continuer à réduire tous les ingrédients en une masse plus ou moins homogène afin d’obtenir la consistance souhaitée. Ajoutez l’huile. Beaucoup d’huile.

Servez-en en apéro avec des feuilletés ou du pain frais, ajoutez-le à vos pâtes, badigeonnez votre poulet rôti avec avant de l’enfourner – c’est juste divin.

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Concernant la tarte à la rhubarbe

Pour la pâte, je me suis encore servie de la recette de Rose Bakery :

250 g de farine
170 g de beurre
60 g de sucre pincée de sel
1 oeuf

La génoise
500 g de rhubarbe
4 oeufs
125 g de farine
125 g de sucre + 50 g pour la rhubarbe
1/2 sachets de levure
1 c. à s. de fécule de pomme de terre

Pour la pâte.

Sortez le beurre 10 minutes à l’avance. Préchauffez le four à 180°C. Mixez au robot la farine, le beurre, le sucre et le sel pendant 10-15 secondes. Transférez ensuite dans un saladier, creuser un puits au centre et ajoutez l’oeuf. Commencez à lier à la fourchette.

Continuer en pétrissant d’une main et terminez sur un plan de travail fariné. Vous allez obtenir une pâte souple et homogène.

Vous pouvez bien entendu tout faire à la main également.

Ensuite abaissez la pâte à l’aide d’un rouleau à pâtisserie afin d’obtenir un cercle de 5 mm d’épaisseur. Déposez-là dans le moule à tarte à l’aide du rouleau et réfrigérez-là au moins 30 minutes avant de l’enfourner.

Faites la pâte cuire à blanc en la lestant une 20ne de minutes.

Pour la génoise.

Nettoyer les tiges de rhubarbe pelez-les et découpez les en tranches de l’épaisseur d’un cm maximum. Mélangez-les avec le sucre (et la cannelle si vous aimez) et réservez. Vous pouvez également mettre la rhubarbe à égoutter une petite heure avant de préparer le gâteau si vous avez peur qu’elle contienne trop d’eau.

Mesurez tous les autres ingrédients pour la génoise. Mélangez la farine et la levure. Séparez les blancs des jaunes d’oeufs et montez les blancs en neige avec une pincée de sel. Ajoutez le sucre tout en battant. Baissez la vitesse du robot et ajoutez les jaunes d’un coup suivis de la farine et de la levure.

Ajoutez le fécule de pomme de terre à la rhubarbe et mélangez bien. Cela permettra d’absorber l’éventuel excédent jus des rhubarbes. Versez la rhubarbe dans la génoise et mélangez délicatement. Versez la préparation sur la pâte précuite et enfournez pour une 30ne de minutes à 180°C.

Avant de servir, saupoudrez généreusement de sucre glace.

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Alors, pourquoi cette tarte n’est pas traditionnelle. Cela tient vraiment à peu de choses mais celles-là sont essentielles. La plus importante étant de toute évidence que ma tarte traditionnelle date de mon enfance et même ma mère ne refait plus exactement celle-là. 

A l’époque elle se servait d’une grande plaque noire en allant au four (chauffé au bois). La particularité de ces plaques-là consistait dans le fait qu’elles avaient trois bordures et pas quatre. Pour éviter que la tarte ne coule au fond du four, ma mère servait toujours d’une barrière en bois qu’elle calait à l’emplacement de la quatrième bordure. Pour monter les oeufs elle faisait appel au papa (ça n’a d’ailleurs pas changé) et je ne l’ai jamais vu faire égoutter ses rhubarbes. Le résultat était une grande tarte rectangulaire qu’on coupait en carreaux ou en rectangles et qu’on déposait sur une plat de service. Le plat vidé, on retournait dans la cuisine refaire le plein. La tarte en soi était plus plate et plus humide sans rendre la pâte …pâteuse ?, il y avait moins de génoise, plus de rhubarbe. L’acidité a été compensée par plus de sucre. J’imagine aussi qu’elle faisait sa pâte sablée avec de la margarine et non du beurre car c’était la mode. Et la tarte était la meilleure du monde.

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