Petits écoliers maison ou quand on n’a vraiment rien à faire

Aussi étonnant que cela puisse paraître, non, je n’en ai pas fait pendant le confinement. D’ailleurs, je n’ai rien fait du tout pendant le confinement, pour que ce point soit bien clair tout de suite. Depuis par contre… Ha oui, depuis nous faisons plein de choses et entre autres des Petits écoliers maison ce qui est, avouons-le, une non-activité en réalité. Cela vous occupe une bonne partie de la journée entre la préparation de la pâte, la découpe des biscuits, la préparation des tablettes de chocolat, l’assemblage… Et donc, après ce dur labeur de plusieurs heures vous vous trouverez enfin en possession de… environ 24 Petits écoliers un peu irréguliers. De quoi ressentir un élan de fierté gonfler votre poitrine d’autant plus que votre mari, maman, petite soeur, copine de passage ou princesse en herbe sera forcément impressionné – mais dis donc, ils sont presque comme des vrais ! Et là vous aurez envie de dire un peu trop fort et sur un ton peut-être légèrement plus sec que nécessaire – mais tu sais, c’est fait maison, c’est encore meilleur ! Or en réalité vous n’en direz rien car vous serez dans un état de choc émotionnel en voyant avec quelle vitesse et nonchalance la personne en question est en train de les dévorer. Au final vous en goûterez peut-être un, ou pas car contrairement à votre glouton de copain-fiston-papa-amie, vous, vous connaissez le prix de ces petits merveilles et surtout, vous n’aurez aucune envie de recommencer tout de suite. Quelques allusions bien placées, voire supplications en bonne et due forme vous feront cependant changer d’avis… dans un avenir plus ou moins éloigné.

Voilà la recette trouvée sur la boîte contenant les moules et l’emporte-pièce, fonctionne très bien et je la copie ici uniquement pour ne pas la perdre. J’ai utilisé le kit de Ibili.

200 g de farine
80 g de beurre
80 g de sucre
1/2 c. à c. de levure
5 cl de lait
250 + 50 g de chocolat de votre choix

Pâte pour biscuits

Chauffer le beurre avec le sucre et le lait. Mélangez et laisser refroidir en touillant de temps en temps pour l’empêcher de solidifier. Tamiser la farine et la levure, formez un puits au centre et y verser le mélange précédent. Travailler la pâte jusqu’à l’obtention une préparation homogène. Former une boule, l’aplatir et la filmer. Laisser refroidir au moins deux heures au réfrigérateur.

Tablettes au chocolat

Entre-temps, hacher en gros les 250 g de chocolat et le faire fondre au bain-marie. Remplir les moules à l’aide d’une cuillère à café. Laisser refroidir dans un endroit frais 30 à 40 minutes avant de démouler. Reproduire ces étapes jusqu’à épuiser le chocolat. Conserver les tablettes au réfrigérateur.

Préparation des biscuits

Sur un plan de travail fariné, étendre la pâte et former une couche de 3 mm. Découper les biscuits à l’aide de l’emporte-pièce. Les cuire au four 12 minutes. Les biscuits doivent être dorés sur les côtés. Les laisser refroidir complètement sur une grille.

Montage des biscuits

Faire fondre les 50 g de chocolat restants. En placer un peu sur chaque biscuit et coller une tablette de chocolat dessus. Les laisser refroidir dans un endroit frais.

En janvier, tout est new

Le parc de Kadriorg et les jeux

L’hiver est partout. A la maison bien sûr avec son lot de neige, de gèles et de dégèles et récemment une chute de température à -20°C même à Tallinn. Mais il est aussi arrivé à Bruxelles où je passe beaucoup de temps en ce moment afin de travailler autant que possible avant une pause de plusieurs mois tant attendu. C’est joli comme tout, un peu glissant par endroit mais très loin de la catastrophe dont nous ont prévenu les plus alarmistes. Par ailleurs, je commence à faire des rêves de fin d’été – c’est le signe incontestable que la chaleur et la verdure me manquent déjà. 

Je ne sais pas si c’est dû à la saison où au fait que je suis enceinte de cinq mois et demi (eh oui, la famille va en s’agrandissant, on est tout excités !) mais j’ai l’impression que tout au tour de moi est passé au mode ralenti. Sûrement un peu des deux. L’heure est à la tisane et à l’introspection, à la lecture et au dessin, aux soirées devant la cheminée avec le monde incroyablement beau et brute d’Outlander en fond, aux longues conversations sur l’avenir et l’immédiat. 

Le parc de Kadriorg
A l’anniversaire d’un camarade de classe au musée pour les tout petits Miiamilla

C’est avec un certain regret que je me rends compte que je n’ai ni photo ni entrée de journal, ni même les données de mes pesées de 2014 alors que j’attendais Irène. Restent quelques documents médicaux dans une chemise bien rangés dans le bureau et une ou deux photos des échographies. Je n’en ressentais pas le besoin à l’époque et je n’ai rien documenté mais je me souviens d’avoir été plutôt insouciante, certaine que tout allait bien se passer et pas très à l’aise à l’idée d’avoir un organisme étranger qui grandissait à l’intérieur de mon corps. En parlant de ce dernier, je n’étais pas non plus particulièrement heureuse de constater les changement inévitables. Ce qui a suivi l’accouchement fut un véritable choc en revanche. 

Aujourd’hui certaines choses ont changé. Très anxieuse au début en partie à cause des tests et analyses à faire, après les fêtes je me sens enfin plus sereine et apaisée. Il aurait quand même fallu quelques discussions un peu musclées pour que je parvienne à relativiser et à m’extraire de ma boule de protection. Depuis je cherche, je lis, je m’interroge, je ne suis pas d’accord avec tout. Pour que ça sonne moins abstrait, voilà quelques questions que je me pose, parfaitement en pêle-mêle : faut-il arrêter de manger du sucre, des graines, du gluten, du cru, du cuit ; faut-il méditer ; et le yoga ? ; le minimalisme et le méthode Marie Kondo vs abondance ; qu’est-ce que je voudrais faire quand je serai grande ; où s’installer, faut-il une décision définitive à ce propos et ainsi de suite.

Le parc de Kadriorg

En attendant que je démêle les noeuds de mes propres envies et que je les concilie avec celles des autres et les exigences de la réalité, Guillaume patiente, me dit « oui, oui, on pourrait y réfléchir » pour me rassurer et se charge au quotidien de la petite demoiselle. (Voilà encore une bonne raison qui me fait penser à la nécessité d’effectuer quelques changements.) 

Notre vie sociale étant des plus limitée en ce moment à cause de mes absences, de la saison, des rhumes de tous et chacun, de nos envies de cocooning et de mille et une petite choses qui font que, nous avons malgré tous ces obstacles réussi à nous extirper de la maison samedi dernier pour passer une soirée chez des amis. On a dégusté un excellent agneau à la grecque de quelques cinq ou six heures de cuisson et j’avais préparé pour l’occasion une galette des rois maison (comprendre – feuilletage maison). Tout ceci pour dire que, si vous hésitez encore, lancez-vous. C’est long, certes, mais techniquement tout à fait abordable et le résultat en vaut le coup surtout dans un pays où trouver de la pâte feuilletée pur beurre relève du miracle. J’ai suivi à la lettre la recette du feuilletage renversé de Pâtisserie, l’ultime référence de Christophe Felder. 

Et pour terminer, une autre recette de risotto (encore !), celle-ci n’est pas de moi et en vaut vraiment le détour. Guillaume a été invité chez un excellent collègue et artiste accompli Hanna Geara il y a quelques semaines et depuis il ne parle plus que de ça. Cerise sur le gâteau, notre princesse au petit pois à adoré ! Hanna a très gentiment partagé la recette par courriel et vous la retrouverez ici expliquée par ses propres mots. Encore merci pour ce moment de gourmandise. (En relisant la recette, je viens de m’apercevoir que j’ai omis la crème, par contre j’ai rajouté de la muscade et à peu près 30 g de beurre après la cuisson hors feu. J’ai également diminué le temps de cuisson à 18 minutes mais n’hésitez pas à gouter). N’oubliez pas non plus de mélanger régulièrement votre préparation car elle risque de coller autrement.)


Risotto à la citrouille (pour 5 personnes)

500 g de butternut / courge / citrouille
400 g de riz rond (arborio)
1 oignon
30 g de beurre
1,5 l de bouillon
100 g de parmesan râpé
S et poivre
200 ml de crème
Un verre de vin blanc

Découper la citrouille en cube. Couper l’oignon et le faire revenir avec de l’huile d’olive.
Préparer le bouillon et faites bouillir la citrouille dedans. 
Ajouter le riz à l’oignon et puis ajouter le vin et laisser évaporer un peu.
Ajouter le bouillon une louche à la fois.
Mixer le reste du bouillon et la citrouille déjà cuite et continuer à rajouter au riz.
Après 25 min, quand le riz est cuit rajouter le parmesan hors cuisson et enfin le beurre.
Décorer avec du persil et du parmesan.

Bon Appétit !






Au Pays basque

On connaissait bien évidemment son piment et son jambon. On savait qu’il y avait du foie gras dans le coin sans avoir véritablement fait le lien avec le Lot et le Périgord dans nos têtes. On savait aussi pour le fromage, les tapas ou plutôt les pintxos et la jolie architecture traditionnelle. Ce à quoi on n’avait pas véritablement été préparés je pense, c’est d’expérimenter tout cela ensemble, cumulé, dans un laps de temps aussi court qu’intense en émotions. 

Les vacances de Toussaint. Nous avons décidé de couper la poire en deux et partager la semaine entre la famille et la découverte d’une région dont nous rêvions depuis un certain temps. La famille, c’est-à-dire les parents de Guillaume, a déménagé printemps dernier à Pornic, une petite ville balnéaire du sud de la Bretagne bien que son appartenance à cette région géographique soit fortement contestée, je le sais. Très agréable, du moins hors saison, c’était notre deuxième séjour et nous sommes toujours autant charmés. La côte est absolument fabuleuse avec ses sentiers sinueux, les dispositifs de pêche brodés tout le long du littoral, les plages miniatures abritées dans des crêtes qu’on découvre soudainement en contrebas au détour d’une étroite montée rocheuse. Le vent y est fort, il décoiffe, et le soleil, quand il décide de se montrer, éblouissant. Un terrain d’un perpétuel défi d’ailleurs pour nous, les coureurs du dimanche et surtout du plat. Nous nous sommes offert un luxe que nous avons beaucoup de mal à nous refuser quand nous nous trouvons dans le coin – un dîner de fruits de mer et surtout de homards d’une fraîcheur inégalée puisqu’on les a choisis nous même le matin dans le grand aquarium de la poissonnerie du quartier. Le WE est passé en un clin d’œil, le moment est arrivé de faire de gros bisous à notre petite chérie, de lui dire d’être sage avec ses grands-parents et on met le cap sur Biarritz. 

En cette saison, s’attendre à n’avoir que du beau temps, même dans le Sud serait clairement utopiste mais nous avons néanmoins eu de la chance et notre toute première journée a été plutôt ensoleillée bien que battue par des vents forts. Munis de deux bouteilles d’eau et d’un appareil photo, nous en avons profité pour nous rendre au pied de la Rhûne avec comme objectif la montée à pied et la descente en petit train panoramique. D’après les guides il fallait prévoir à peu près deux heures et demie voire plus pour la montée et nous en avons rapidement compris la raison. C’est qu’elle est raide et assez longue sans pause aucune sur le premier kilomètre ou même deux. S’ensuit une partie relativement plate et le parcours se termine par une autre montée, pas forcément moins longue mais plus escarpée et du coup au moins pour moi plus facilement négociable. Epuisés, les joues rougies par les rafales de vent nous voilà enfin en haut. Une vue panoramique à tout point extraordinaire nous y attend. Vers le sud, l’Espagne et les majestueux sommets déjà (toujours ?) couverts de neige des Pyrénées, vers l’ouest l’océan, plus près des pâturages, des vallées, la forêt. 

Un incident malheureux a cependant marqué cette randonnée. Lors de l’ascension, nous avons croisé un couple de personnes déjà relativement âgées qui faisait la route dans le sens inverse. Une centaine de mètres nous séparaient encore alors que d’un coup la dame s’est mise à gesticuler et à appeler à l’aide. Son mari venait de glisser et tomber du haut d’un petit ponton dans le ruisseau qui traversait la vallée à cet endroit (les Trois sources, comme nous l’avons appris plus tard en essayant de nous localiser). Heureusement derrière nous arrivait un autre randonneur qui a pris les choses en main, a tiré le mari du ruisseau et lui a fait tout de suite un massage cardiaque. Pendant ce temps, nous avons appelé les secours et les avons guidés de notre mieux. D’autres personnes se sont arrêtées, y compris deux infirmiers qui heureusement avaient sur eux des couvertures thermiques et de quoi procurer les premiers soins. Nous ne connaissons pas la fin de cette histoire mais nous espérons de tout cœur qu’il a connu une fin heureuse. 

Le reste du séjour a été heureusement moins dramatique. Le lendemain, sous une pluie par moments fine, par moment drue, nous avons visité la ville de Bayonne ou nous avons fort mal déjeuné d’ailleurs. Sûrement à cause de mon impatience car d’un côté j’avais très faim et de l’autre, je n’avais pas envie de passer plusieurs heures à chercher l’endroit idéal car le mieux c’est l’ennemi du bien, n’est-ce pas ? Pas toujours. Pas de quoi se lamenter car nous nous sommes rattrapé le soir au restaurant étoilé de l’Atleier de Gaztelur. L’endroit est tout à fait magique, déjà un peu en dehors de Biarritz avec un grand jardin, des ateliers, une boutique d’antiquités si j’ai bien compris que nous avons malheureusement pas pu visiter car il faisait nuit mais cela nous a donné l’envie d’y retourner. La cuisine recherchée, avec une touche orientale (un nem, des perles du japon, du coco). Un foie gras sublime et un soufflé aux châtaignes à … vous couper le souffle, c’est le cas de le dire ! 

Nous avons adoré la visité de la très belle Saint-Jean-de-Luz avec sa promenade, son architecture typique rouge et blanc, son petit port. Et nous y avons fort bien mangé d’ailleurs, et complètement par hasard au petit restaurant très justement appelé Instincts. On est passés devant sans presque l’apercevoir puis on est retournés sur nos pas pour jeter un coup d’œil à la carte et au décor, bien sympathiques les deux au premier regard, et on a continué notre promenade. L’heure du déjeuner arrivée et échaudée par l’échec récent à Bayonne on a ouvert le guide pour partir à la recherche de conseils avisés, et puis non. L’Instinct. L’endroit est très sobre et (sûrement faussement) simple. Un seul homme dans la cuisine et son amie (collaboratrice ?) dans la salle. Des tables, pas nombreuses, des clients polis et pas bruyants pour un sou, une vaisselle tout en céramique, accessoires en bois et textile. Des plats raffinés, étonnants (le boudin en entrée juste exquis). Les fromages viennent des fermes avoisinantes ce qui est le cas pour la plupart des produits, je soupçonne. Et pour terminer, un dessert qui m’a replongée en moins de deux dans mon enfance – une pomme pochée servie avec de la glace et une crème au halva. A l’époque soviétique, on manquait à peu près de tout sans pour autant souffrir de faim ou de carences particulières, en partie grâce au potager de maman. Cependant, à peu près la seule sucrerie qu’on pouvait trouver absolument partout et à tout moment était le halva confectionné à base d’arachides ou de graines de tournesol. Après plus de trente ans, voilà que je retrouve ce goût longuement oublié dans mon assiette au bord de l’océan atlantique dans un petit restaurant gastronomique avec comme voisin de table Pierre Niney. La vie peut être sacrement drôle dès fois. 

Il faut que je vous parle encore de la promenade autour du village d’Espelette, tellement célèbre pour son piment. On est partis pour une autre journée de randonnée en comptant sur des éclaircies car le temps se montrait obstinément maussade depuis quelques jours. Sandwichs au jambon espagnol et au fromage local (mais au final, tout ce qui est basque est local) dans le sac à dos, les chaussures de randonnée dans le coffre de la voiture, nous partons d’abord faire un petit tour du village, appelé promenade des familles. Visites des fermes, de l’atelier du piment, petits sentiers tranquilles, dixit le guide. Trois heures plus tard, mes bottes montantes toutes neuves couvertes de boue jusqu’aux genoux nous déclarons enfin forfait et retournons dans le centre. On s’est sûrement trompés de chemin, on a dû prendre un mauvais tournant, peu importe. C’était une très belle expérience. Nous avons quand même vu l’atelier du piment, le petit champ, les séchoirs, les fours. Mais nous avons surtout vu ce pays basque vallonné et verdoyant, couvert de lierre et parcouru de joyeux petits ruisseaux que j’étais venue chercher. Dix fois au moins je suis tombée amoureuse d’une maison traditionnelle un peu écartée de grands chemins, dix fois au moins j’ai eu envie de m’installer (mais il paraît qu’une relation particulière règne dans ce pays entre les propriétaires et leur propriété, qu’en est-il vraiment aujourd’hui ?). 

Un autre coup de cœur, le très petit et très mignon village de Sare (gâteaux basque d’exception au comptoir de l’hôtel Arraya et la ferme de Ihitia). San Sebastian un soir pour participer à l’ambiance tapas. Les innombrables bars et restaurants de Biarritz centre, et notamment rue Gambetta (mention spéciale pour Puig & Taro – même à l’heure de pointe dans la cohue totale de clients affamés, ils prennent le temps de vous remarquer, de comprendre ce que vous voulez et de vous dénicher une petite table à l’intérieur alors que cela à tout l’air d’une mission impossible)  L’hôtel Saint Julien et ses propriétaires d’une gentillesse … (et quand en début de novembre on vous propose de ranger votre matériel de surf dans le réduit à l’arrière, ce n’est pas une blague !). Les magasins de déco avenue Victor Hugo et un peu partout – enfin, je suis en manque depuis notre déménagement bien que – Treimann à Tallinn, à conseiller fortement, mais c’est une autre histoire (de Noël). La villa Arnaga d’Edouard Rostand – un moment hors du temps fait pour la rêverie. 

Bref, nous avons adoré, nous avons envie d’y retourner, explorer plus, goûter, grimper, nous promener, nous laisser bercer par le roulement des vagues, prendre un cours de surf, courir au petit matin sur la plage, prendre un deuxième thé chez Miremeont. En famille cette fois-ci, pourquoi pas ?