Corée du Sud, du 27 avril au 12 mai 2018

Séoul

Le trajet de l’aéroport jusqu’à la station centrale de Seoul se fit sans encombre. J’avais bien pris le soin de tout calculer méticuleusement avant le départ. Munis de nos bentos respectifs par ailleurs bien plus modérément relevés que les plats servis dans l’avion, nous nous sommes installés à la gare et avons attendu patiemment le départ de notre train qui devait nous amener vers le sud-ouest du pays à Jeoung-eup, dans la région de Jeollanam-do afin de nous rendre au temple de Baekyangsa voir la d’ores et déjà célèbre Jeong-Kwan et assister à ses cours de cuisine.

Baekyangsa

De Jeoung-eup un car devait nous amener jusqu’au temple pour le début de notre retraite mais nous avons réussi à le localiser bien trop tardivement pour espérer y être à l’heure. C’est en taxi que nous avons terminé ce premier bout de voyage ce qui finalement nous a plutôt bien réussi. Le chauffeur nous a très aimablement déposés au pied du temple alors que l’arrêt des cars se trouvait à quelque 40 minutes de marche à pied et n’a pas oublié de nous laisser sa carte de visite. Pour repartir, c’est évidemment à lui que nous avons fait appel ce qui nous a valu une petite visite des routes montagneuses avec moultes explications détaillées en coréen, traduites par une dame, en visite comme nous et rencontrée sur place, originaire de Corée.

Baekyangsa

La soirée a été tout à fait mémorable. Pour situer ce temple, imaginez un endroit isolé dans un pays fait de brume et de nuages, entouré de montagnes pas tellement hautes, luxuriant, l’air rempli des bruits de la nature et du chant des oiseaux. Un ruisseau, des bâtiments en bois fort joliment décorés et peints en couleurs vives. Du rouge, du vert, du bleu et des centaines de lanternes qui illuminaient le tout le soir venu pour célébrer le début de la belle saison.

Baekyangsa et Jeong-Kwan

Nous avons pu observer Jeong-Kwan en train d’expliquer les fondements de sa cuisine (mais finalement et surtout sa façon d’appréhender le monde), de sélectionner les feuilles et les légumes pour le repas du soir, de les préparer, laver, couper, frire… En coréen certes, l’interprète officiel ayant fait ses bagages la veille mais c’était malgré tout tout à fait charmant. Le point culminant de la soirée a été naturellement le repas, étonnant de fraîcheur de et saveurs méconnues de nous, composé d’une dizaine de plats différents. C’était bien sûr de la cuisine du temple, sans viande, cela va sans dire. Pour clore cette rencontre mémorable, une séance de médiation très puissante (je ne trouve pas d’autres termes pour la décrire car enfin cette activité n’a rien à voir avec une somnolence tranquille qu’on a tendance à associer au mot ‘méditer’) nous a été proposée et explicitée.

Baekyangsa et la pluie matinale

Les chambres étaient ce qu’il y a de plus simple, munies néanmoins d’une salle de bain privative, un luxe parfaitement inattendu et d’autant plus salutaire. On a dormi par terre sur une fine couverture (chose dérangeante pour certains d’entre nous) et on s’est réveillés tôt, très tôt pour s’imprégner des coutumes des lieux. Prière à 5h, suivie encore une fois d’une séance de méditation dans une salle ouverte à la nature et au soleil levant. Or, ce matin-là il pleuvait des cordes et le bruit des gouttes d’eau sur le toit, les feuilles, la terre en argile nous a entourés et nous a bercés alors que le petit matin pointait le bout de son nez.

Baekyangsa

Le petit-déjeuner composé de riz, de soupe, de légumes et de feuilles en tous genres a été pris dans une grande salle commune. Plus tard nous avons eu la possibilité d’assister à une séance de tai chi et nous nous sommes sentis impressionnés, perdus, inaptes mais pleins d’espoir et de pensées positives. Notre séjour au temple a été court, nous sommes repartis dans l’après-midi en direction de l’ancienne capitale du royaume de Silla – Gyeongju dans le sud-est du pays. En taxi donc jusqu’à Jeong-eup et de là en train d’abord à Osong et ensuite à Daegu. Pour plus de confort et de flexibilité nous avons opté pour une location de voiture à la gare KTX de Daegu et malgré quelques appréhensions nous n’avons rencontré aucune difficulté. Il faudrait cependant se munir d’une bonne dose de tolérance et de vigilance car la conduite en Corée du Sud est assez fantaisiste et les feux rouges ne correspondent pas forcément à ce qu’on pourrait croire.

Gyeongju

De Gyeongju je retiens surtout ces anciennes tombes royales qui forment un doux paysage de coupoles verdoyantes, les nombreuses jeunes filles et garçons habillés en vêtements traditionnels qu’on pouvait louer dans des échoppes spécialisées, une certaine difficulté à s’alimenter après 19h30 le soir et les fameux pains de Quongju impossible à rater.

Yangdong

Grâce à la voiture nous avons pu visiter plusieurs sites dans les alentours tel le village traditionnel de Yangdong qui avec Hahoe fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco. Il n’a pas été évident de le dénicher et après avoir erré dans quelques hameaux agricoles tout ce qu’il y a de plus banals nous avons même failli faire demi-tour. Et puis heureusement non car Yangdong a été pour moi une des plus belles découvertes du voyage. En arrivant on pourrait croire qu’il s’agit d’un tout petit village qui se limite à son unique ruelle sinueuse laquelle se perd à peine une centaine de mètre plus loin dans les collines. Il n’en est rien car une fois arrivé en haut, une vue se dégage sur un autre bout de village et derrière le tournant encore sur un autre et un autre. Pendant deux heures nous nous sommes promenés dans ses rues anciennes bordés de murets relativement bas qui délimitaient les propriétés, nous avons admiré les formes élégantes des écoles confuciennes, nous nous sommes émerveillés de l’activité agricole toujours très présente. C’est la faim qui nous a finalement fait quitter les lieux et nous n’avons pas tout vu.

Gampo

Ce jour-là nous avons déjeuné dans une minuscule ville portuaire dont l’activité principale est la pêche. Gampo n’est certes pas l’endroit le plus pittoresque que vous puissiez trouver dans ce pays, ni le plus vivant, ni le plus moderne et si vous n’avez pas à le traverser pour une raison ou pour une autre, il est tout à fait dispensable d’y mettre le pied. Nous avions cependant suivi notre guide qui nous conseillait y déguster un plat de poisson cru et effectivement une ville de pêche semblait bien s’y prêter. Pour tout dire, le poisson s’est avéré délicieux, d’une fraîcheur incomparable (devant chaque restaurant, et il y en avait un certain nombre, se dressaient plusieurs aquariums remplis de poissons et de coquillages de toutes sortes et tailles) et servi avec générosité. Hélas, sur une table basse couverte d’un morceau de plastique et accompagné du hululement féroce du vent dans les conduits d’aération du local. En sortant, deux serveuses accoudées à la fenêtre nous accompagnaient d’un regard las et terne. Cela étant, ce petit bourg abrite une des meilleures pâtisseries qu’il nous a été donné de croiser (en jugeant par la qualité des mochis et des gâteaux au fromage frais du moins). Si vous la cherchez, elle se trouve dans une des rues sortant de la place du marché, on l’aperçoit de loin.

Bulguksa

A faire encore dans le coin et nous avons aimé. Visiter le temple de Bulguksa – imposant, joliment entretenu, les escaliers en pierre sont d’origine – chose rare car le pays entier semble avoir subi un pillage sans faille de la part des envahisseurs variés.

Le mont Namsan

Le mont Namsan et ses randonnées. Une excellente surprise. Malheureusement nous n’avions pas suffisamment de temps pour tout voir, pour grimper partout, pour envahir tous les sommets, découvrir tous les bouddhas cachés. De plus, notre équipement était plus que rudimentaire pour l’expédition à laquelle nous ne nous attendions pas (tennis aux pieds et une bouteille d’eau, pas de carte détaillée bien sûr) mais c’était un moment très agréable malgré tout. Et très calme, pour toute compagnie, nous avons croisé un moine dans le salon de thé en bas de la montagne (de façon très surprenant très moderne où on pouvait déguster un macha latte accompagné d’une part de tiramisu comme si de rien n’était) et un autre randonneur au début de notre ascension qui lui descendait déjà.

Le célèbre pain de Gyeongju – il y en a deux différents en réalité, farcis à la pâte de haricots rouges. A manger sans tarder, chaud même, ça ne se conserve que quelques 3 ou 4 jours, un peu plus au frigidaire. De toute façon, impossible de les rater, il y a des points de ventes à chaque coin de rue.

Un plat de poulet à déguster sur le marché d’Andong dans une des innombrables échoppes spécialisés. Très savoureux et copieux, la plus petite portion nourrit amplement 4 personnes et reste plus qu’abordable. Il s’agit bien des étals sur le marché et de ce fait il ne faut pas s’attendre à trop de chichi.

Hahoe

Hahoe – l’autre village folklorique et toujours habité. Niché à une bonne demie heure de route de Andong et isolé, c’est un petit village très paisible et joliment restauré mais ô combien touristique. Nous y avons loué une maison à toit de chaume traditionnelle pour la nuit. La barrière de la langue n’aidant pas et malgré mes demandes répétées je n’ai pas réussi à obtenir un dîner sur place et ce soir-là encore nous avons trompé notre faim avec des chips aux crevettes et autres cacahouètes (y compris de la pâtisserie française venant directement de chez Mammoth d’Andong). Le matin en revanche nous avons pu pleinement profiter d’un petit-déjeuner occidental, très bon et servi en terrasse privative, seul le va-et-vient effréné des hirondelles ayant choisi de faire leurs nids dans les toits pour nous distraire.

Ici je dois quand même préciser que dans les plus petites villes et villages et cela malgré certaines précautions et une détermination sans faille, nous avons dû nous avouer vaincus à plusieurs reprises et avons fini par commander une pizza (très à la mode) ou par dévaliser le premier magasin ouvert 24h sur 24 pour pouvoir manger quoi que ce soit en guise de dîner. Les restaurants ferment souvent à 19h30 voire plus tôt en réalité. Certains sont fermés les lundis, certains les mardis. Enfin, il faut se renseigner au mieux et accepter de manger tôt ce qui n’est pas tellement un problème car il y a le décalage horaire et de toute façon, il fait nuit de bonne heure.

Palais royal à Séoul

Nous voilà déjà à Seoul où nous avons passé les deux derniers jours de notre voyage. C’est une très grande ville. Sans blague. En contraste absolu avec le calme des temples et la pauvreté de certaines régions du sud, pour le reste du pays je ne sais pas. Nous avons fait l’erreur d’essayer d’y circuler en taxi, ce fut un calvaire, la circulation est extrêmement intense. Il vaut mieux tenter le métro, notre expérience a été plus que concluante, le métro étant bien plus rapide et facilement domptable.

Dahmsojung – notre hanoi

Cette fois-ci encore j’avais choisi de dormir dans un hanok traditionnel dans ce qu’on pourrait sans trop se tromper il me semble appeler la vieille ville de Seoul à Bukchon Hanok. Nous avons été accueillis très chaleureusement par les propriétaires de Dahmsojung et le séjour y a été des plus agréable. C’est un hanok superbe, décoré avec beaucoup de goût, dans un quartier historique qui regorge de cafés et de restaurants, de boutiques et de musées. Je n’aurais pas pu mieux tomber. D’ailleurs, une des plus grandes attractions touristiques de la ville, le palais royal, se trouve à peine à 15 minutes à pied. Le palais, bien que reconstruit est tout simplement splendide. Envahi par les touristes évidemment mais si vous avez un peu de courage et vous vous aventurez dans les coins un peu plus reculés du parc, vous aurez sûrement la chance d’y découvrir de très beaux bâtiments sans croiser âme qui vive.

Barbecue à deux endroits différents

A Séoul nous avons enfin pu profiter pleinement du barbecue coréen tant vanté qu’on déguste ici en buvant de la bière ou du soju ou de la bière mélangéz au soju. A Mapple Tree House de Samcheong notre voisin de table nous a d’ailleurs offert une démonstration éclatante du comment s’y prendre. Vous vous servez un demi verre de bière, vous y ajoutez ce qu’il faut de soju (ce n’est pas très fort, vous pouvez y aller). Ensuite vous prenez une de vos baguettes métalliques, vous le plantez droit dans votre verre et vous le maintenez fermement (très important, sinon vous risquez de faire valser votre breuvage et d’arroser vos voisins… spectacle compris dans la démonstration) d’une main. Avec l’autre, vous attrapez la seconde baguette et vous la frappez d’un coup sec contre la première. Miracle, des bulles apparaissent dans le verre et la boisson se met à mousser agréablement. Aussi simple que cela.

Salon de thé au palais royal

Enfin, vous apprécierez la gentillesse des Coréens et serez quelque peu étonnés par le sérieux qu’ils conservent en toute occasion. La profusion de feuilles vertes servies à tous les repas vous enthousiasmera, vous en laisserez la moitié d’abord, et la totalité à la fin. L’application profonde des jeunes gens de Gangnam quand ils vous préparent votre espresso vous laissera pantois et vous serez prêts à jurer que c’est le meilleur café, Italie confondue, que vous ayez jamais dégusté. Vous auriez envie de dire que c’est aussi kawai que le Japon et aussi bruyant que la Chine sans peut-être connaître ni l’un ni l’autre et vous vous retiendrez car cela ne ferait que relever au monde entier vos propres limites. Si malgré toutes les merveilles orientales une vague de nostalgie vous frappait de plein fouet vous n’auriez qu’à faire halte à la première boulangerie où vous trouveriez entre autres curiosités tout ce qu’il faut pour vous faire oublier les milliers de kilomètres qui vous séparent de votre douce maison – il faut dire que les Coréens nourrissent une véritable passion pour la pâtisserie occidentale, peut-être à un degré encore plus élevé que les japonais si pour terminer ce récit j’osais cette comparaison.

La vieille ville à Séoul

Grèce II – l’île d’Hydra

Le lendemain matin nous partons à l’aube au port du Pirée bien que le départ de notre brave Flying Dolphin ne soit pas prévu avant 9h30. Une fois n’est coutume, nous préférons jouer la carte de la précaution, prendre en compte les avertissements de notre très bavard et assez malheureux chauffeur de la veille selon qui le matin, c’est de la folie pure dans les rues athéniennes.  Ainsi nous partons avec une heure et demie d’avance pour nous rendre compte qu’il fallait à peine 15 minutes pour couvrir le trajet entre l’appartement et le port. Nous n’avons d’autre choix que de faire passer le temps. Après un court moment d’hésitation et de regards échangés, on s’installe dans le seul et unique café ouvert et commandons nos pitas aux épinards et au chocolat, bien grasses et paradoxalement réconfortants. Les pitas, mais finalement l’ambiance intemporelle du café ainsi que ses habitués me rappellent vaguement une autre époque, celle de mon enfance, les pirochki dégoulinant de graisse, une décor vieillot déjà à l’époque, la peinture écaillée, les papys moustachus aux pantalons difformes.


Alors, quoi qu’on vous dise sur le confort et la stabilité du Flying Doplhin, ne vous y fiez pas. Il tangue à la vue de la moindre vague, se cabre, s’immerge jusqu’aux hublots dès que l’occasion se présente et émet une odeur de mazout absolument étouffante. Ce n’est que hasard et miracle si nous ayons pu accoster sains et saufs au port d’Hydra après 90 minutes de terreur et de prières pour ma part et de calme (feint, j’en suis certaine) légèrement moqueur pour lui.

Nous débarquons donc sur cette île mystérieuse où nulle voiture ne roulera et l’unique moyen de se faire transporter sera à dos d’ânes (ou de mules, la question restera ouverte). Nous préférons à pied surtout que le descriptif de l’hôtel me permet de croire qu’il se trouve à 200 mètres du port. Un coup d’œil sur la carte et nous nous enfonçons dans l’indescriptible réseau de venelles et d’escaliers, accompagnés du doux bruit de nos valises de 20 kilos roulant sur les pavés. On monte, on descend, on esquive quelques crottes (car oui, qui dit ânes, ou mules… même si c’est très propre), on perd l’espoir, on vérifie. En repartant plus tard en ville pour dîner nous découvrirons évidemment qu’une rue large de 5 mètres rejoint directement l’hôtel à partir du port, aucun escalier, à peine deux crottes.

Iannis, un jeune homme dynamique et plein à craquer d’un rire retentissant nous attend et nous explique tout ce qu’il faut savoir. Surtout que c’est un ancien manoir qui appartient à la même famille depuis 1810 (on émet tous les deux un petit bruit admiratif et sincère), qu’il a été transformé en hôtel en 2013 par deux frères qui vivent à Athènes et dont un est professeur et l’autre médecin. Il nous sert des cerises aigres, faites maison par la maman. Ni mes compliments ni mes supplications n’y changent rien, pas de vente de cette petite merveille ni de recette.

L’ensemble est très chic, rempli d’antiquités, moderne là où il faut c’est-à-dire côté salle de bain où je suis particulièrement ravie de découvrir toute une gamme de produits Korres, une marque de cosmétiques organiques grecque dont m’a parlé ma copine Ülle avant le départ comme d’un must. L’hôtel est doté de deux terrasses, l’une orientée vers la ville mais nous ne profiterons malheureusement pas de celle-ci car les soirées sont malgré la latitude fraîches en ce début novembre, et d’une autre qui s’ouvre sur les cours intérieures et les collines les surplombant où nous prendrons par la suite tous nos petits-déjeuners. Pas de surprise, ces derniers seront riches et savoureux et les cerises aigres (plutôt sucrées enfin de compte) seront de la partie pour mon grand plaisir pour accompagner un bol de yaourt.

 

Que faire sur cette île habitée par les ânes (ou les mules) et les chats et où les rues sont bordées d’orangers croulant sous les fruits ? Oui, les orangers m’impressionnent toujours autant bien que je sois au courant depuis mon tout premier voyage en Espagne il y une dizaine d’années. Pour une fille du nord ça restera toujours le summum de l’exotisme, ainsi que les pêchers dans les vergers en France et les grenades (les fruits, pour qu’il n’y ait pas de quiproquo) qui s’explosent au sommet des arbres. Nous y passerons trois jours et malgré le relativement peu d’activité n’aurons pas le temps de nous’ennuyer.. Un autre rythme de vie s’impose à nous tout naturellement. Plus lent, plus dolent, plus rêveur. J’en oublie même de vérifier mon compte Instagram, mon courriel, mon emploi du temps des semaines à venir.

Iannis nous a tout gentiment prodigué des conseils sur les promenades à effectuer et les quelques rares restaurants encore ouverts en cette arrière-saison. C’est en nous fiant à lui que nous prendrons notre tout premier déjeuner insulaire dans une taverne familiale, Paradosiako, la même qui après de nombreux tests s’avèrera avoir la meilleure taramosalata et la meilleure aubergine fumée de la Grèce (talonnée de près par celle de ManiMani mais j’y reviendrai). Crevés par nos aventures matinales et par les repas sûrement plus riches que ce dont nous avons l’habitude, nous décidons de retourner à l’hôtel pour lire et nous reposer. En route nous passerons par la fameuse fabrique artisanale de gâteaux aux amandes Tsangaris (depuis 1930) que nous ne manquerons pas de goûter. Il faut dire que je trouve leurs baklavas également excellents au point où je me vois contrainte d’y retourner chaque après-midi. Douillettement installés dans notre lit et munis chacun d’un livre (moi en l’occurrence du dernier tome des aventures du pharmacien Meclhior par Indrek Hargla) nous finissons par nous endormir pour ne se réveiller qu’à l’heure de l’apéritif.

Au cours de ces trois jours nous aurons l’occasion de tester presque tous les restaurants et tavernes encore ouverts. J’en garderai deux finalement. Le tout premier car… taramosalata et aubergine fumée et Kodylenia’s que nous découvrirons le deuxième jour au cours de notre promenade côtière (le sentier à droite en sortant de la ville). Le restaurant se situe à peine à une quinzaine de minutes du port et peut se vanter d’une magnifique terrasse avec vue sur le petit port de pêche . Ce jour-là il fait très beau. Bien abrités du vent, nous laissons tomber nos vestes et gilets et profitons pleinement de toute cette vitamine D offerte gracieusement par la météo hellénique. Nous y prenons comme d’habitude de la taramosalata, une salade verte et du poisson grillé (pêche du jour) accompagnés d’un pichet de vin blanc frais et fruité servi selon la coutume dans un gobelet en métal couleur cuivre. Un moment paradisiaque pour ceux qui ont déjà connu la première neige à la maison.

Lors de notre séjour nous ferons une autre promenade, un peu plus sportive celle-ci. En faisant confiance à Iannis, sur ce qu’on imagine être un sentier de randonnée et qui devrait au bout de 4 km et quelques 550 m de dénivelé positif nous amener voir un monastère. Malgré les indications, nous nous perdons rapidement à l’orée de la ville. Plus de chemin, plus de sentier, un vieux fermier avec son cheval passe et son chien aboie de méfiance en nous voyant. Nous tentons un passage à travers les collines et la végétation rêche pour nous rendre compte de l’impossibilité de localiser notre destination en se fiant uniquement a une vague idée de l’endroit où celle-ci pourrait se trouver (les fils électriques convergent bien par-là, non ?). Nous revenons sur nos pas, examinons la dernière flèche et ses alentours et débouchons finalement sur un semblant de sentier qui nous permet de rejoindre le joli chemin pavé et menant au monastère. Evidemment, le vrai chemin passait juste à côté, derrière la petite église, nous le voyons bien au retour.

Peu de promeneurs, nous profitons du calme et de vues superbes sur la ville d’Ydra et sur le port. La montée n’est pas particulièrement difficile, ombragée par des pins majestueux mais malgré tout nous transpirons tous les deux en arrivant devant le portail. A l’intérieur des murs blancs et pas âme qui vive, le soleil brille, nos voix résonnent dans la cour dépouillée. Un prêtre passe plus tard avec des mules, il les abreuve, les nettoie surement. En sortant je laisse un billet dans la caisse pour les travaux de rénovation contre un sachet de tisane aux boutons de rose sauvage.

Le déluge s’abat sur nous le matin de notre départ. Sous un ciel couvert nous profitons des derniers moments pour prendre quelques photos et faire des achats. Les premières gouttes tombent et très rapidement la ville se transforme en terrain de jeu pour les torrents d’eau en provenance des montagnes. Les rues sont impraticables, l’eau arrive à la cheville et bientôt plus haut. Je vois un gentleman enlever ses chaussures en cuir pour tenter une traversée, nos propres tennis sont déjà irréversiblement trempés. Le vent se lève, je crains de monter au bord du Flying Dolphin mais une fois installée, je m’endors immédiatement et je ne me réveille que de retour à Athènes.

Nous nous offrons une dernière soirée gourmande à commencer par un passage à Heteroclito suivi d’un dîner à ManiMani. Il avait réservé la table et en effet, le restaurant est complet ce samedi soir, à peine une table se libère qu’elle est immédiatement dressée et presque aussitôt investie par de nouveaux clients. Nous ne résistons évidemment pas à l’appel d’une dernière taramosalata en guise d’entrée et nous faisons bien car ici elle est vraiment excellente, plus fine que sur Hydra, plus parfumée. La présentation des plats est soignée, pleine de couleurs, graphique. Mon filet mignon me plait bien mais son canard davantage, il partage cet avis. La viande est tendre, parfumée, riche, une explosion de textures et d’arômes. Et les desserts, décadents, suaves, doux, ils nous donnent l’envie de nous plonger dedans. Nous sortons repus et satisfaits, déterminés à revenir.

La Grèce I – Athènes

Parthénon

C’est un jour de grande grisaille que nous sommes partis après avoir passé la matinée à faire les valises. A-t-il plu ce jour-là, ou y a-t-il eu de la neige ? L’un et l’autre semblent vraisemblables car des jours au ciel bleu, nous n’en avions guère vu depuis un long moment. Après moults bisous à la petite demoiselle et quelques encouragements hésitants aux vaillants grands-parents gardiens-de-monstresse, mais volontaires nous avons pris le chemin de l’aéroport.

A notre arrivée à Athènes il faisait nuit depuis longtemps déjà. Fatigués et légèrement affamés par ce voyage qui fut un peu plus long que prévu, nous nous sommes couchés de bonne heure ce soir-là, non sans avoir effectué une première promenade dans le quartier afin de dénicher le dernier supermarché ouvert. Sans succès.


En route vers le panthéon

Les deux jours suivants nous avons sillonné les rues du centre d’Athènes de long en large. Notre Airbnb se trouvait confortablement à une dizaine de minutes d’Acropole et pour ne pas partir sans l’avoir vu de près, une chose qui aurait pu nous arriver tout naturellement, c’est là que nous nous sommes dirigés en premier lieu. De mes manuels scolaires j’ai un souvenir de colonnes, des rangées et des rangées de colonnes blanches ioniques et doriques. Et il y en a. Mais il y a aussi beaucoup de vide et de poussière. Des morceaux perdus, des trous immenses démarqués par un contour de fondation. Et pourtant on sait, on sait tout le poids de l’histoire, et celui de la civilisation et de la pensée. On se dit qu’en grande partie tout a débuté ici, on s’arrête en s’appuyant contre la balustrade sous les doux rayons du soleil automnal, on regarde la ville qui s’étend au-dessous de nous, ses rues sinueuses et ses édifices modernes, abîmés et délabrés et on se dit que c’était il y a bien trop longtemps.





Vers Psiri

En descendant on prend la direction de Psiri et on s’arrête dans un tout petit local Kafeneio Ivis pour
un verre de vin blanc et quelques mézé. La taramosalata a un goût différent, plus fort et plus fin à la fois par rapport à ce que nous connaissons, le poulpe grillé est généreusement arrosé d’huile d’olive et de jus de citron, le houmous très peu salé. A part nous un couple de touristes et une tablée d’employés de boîtes avoisinantes de toute évidence. C’est un endroit paisible et sans prétention ayant pour tout personnel un chef et un serveur et nous l’aimons bien comme nous aimons bien l’ensemble de ce quartier, après réflexion encore plus sympathique après la tombée de la nuit probablement. On y trouve des bars et des restaurants, des antiquaires et des brocanteurs, un marchand de komboloï qui malgré tous ses efforts et mon intérêt manifeste ne parvient pas à me vendre un de ses jouets. Les maisons sont basses et couvertes de tags, les rues étroites. On aimerait bien y retourner mais par manque de temps cela ne se fait pas.

Les Halles

Notre chemin nous rapproche par la suite des Halles qui me font penser aux marchés vus à Istanbul ou encore pourquoi pas à Tokyo et à Kyoto avec une partie couverte pour la viande, les fruits et légumes tout autour et une jungle d’échoppes et de tavernes qui entourent le tout. Nous y faisons acquisition de pistaches et d’olives et d’une barquette de figues pour la modique somme d’un euro. Ce n’est sûrement plus la pleine saison mais elles sont néanmoins bien plus tendres et sucrées que celles importées chez moi. Quelque peu ébahis nous traversons ensuite le marché couvert où les bouchers exposent dans les vitrines leur meilleurs morceaux, têtes et queues encore attachées. Les lapins me marquent particulièrement, non pas que je sois particulièrement sensible à leur côté mignon évident à l’état vivant mais plus à cause du contraste qui se dégage de leur carcasses dépecées et ornées d’une queue blanche et dodue. Nous rentrons à l’appartement pour nous reposer un peu avant la soirée en traversant le très joli parc national.

Ce soir nous dînons à Ellevoro et nous y dînons très bien, bien que trop copieusement (à part les deux desserts parfaitement oubliables que j’aurai réclamé à cor et à cri). Nous reprenons encore une fois une taramosalata ainsi que de l’aubergine fumée et à partir de ce soir-là, ces deux plats feront surface quasiment à tous nos repas. Je pense que plus de la moitié du temps passé à table pendant tout le voyage sera dédié à eux seuls, à leur dégustation, analyse et à la comparaison aux expériences précédentes. Sans vouloir gâcher le suspens, les meilleurs se trouvent dans un restaurant familial à Hydra. Je prends de l’agneau avec verdure (épinards presque toujours) et lui de la queue de bœuf, ou devrais-je dire, je mange un agneau et lui un bœuf, tellement les portions sont impressionnantes. Le vin est épais est saturé de soleil comme je l’aime.


Dans la rue

Le lendemain matin pour éviter le faux pas de la veille qui consistait à vouloir trouver à tout prix LA pâtisserie indiquée par notre guide, nous allons directement à Lotte. C’est un café-salon de thé dans la matinée et se transforme en bar le soir où on peut commander des snacks légers, des tartes salées et les accompagner d’un verre d’alcool de votre choix. Nous l’avions déjà remarqué le premier soir mais faute de courage, nous avons préféré notre lit à ses bancs accueillants. La salle est petite mais s’ouvre vers l’extérieur de sorte qu’une même compagnie peut être assise des deux côtés, séparée par une vitre qui s’ouvre vers le haut. La déco est fortement inspirée par Montmartre et l’atmosphère telle qu’on l’imagine dans les cafés parisiens entre deux guerres. Nous y dégustons un excellent portokalopita, un gâteau feuilleté à la pâte filo et au goût prononcé d’orange, une tuerie que depuis je rêve de recréer dans ma cuisine. Ne cherchez pas, vous n’en trouverez pas de meilleur, dixit la serveuse et j’ai envie de la croire.

La journée passe tranquillement au rythme de la flânerie. D’abord le stade panathénaïque qui a accueilli les premiers jeux olympiques modernes en 1896 et que nous visitons, il se trouve, le jour même où la flamme olympique sera transmise au comité d’organisation coréen. Le stade est rempli d’enfants en vêtements sportifs, on rate la cérémonie sans le savoir. Le temple de Zeus ensuite et la porte d’Hadrien que je suis particulièrement heureuse de trouver suite à ma lecture de ses mémoires par Marguerite Yourcenar. Ensuite le lycée d’Aristote dont il ne reste plus grand chose à part les fondations mais que nous sommes contents de visiter dans le plus grand respect philosophique et ensuite Kerameikos et son musée qui contient de magnifiques pièces de céramique et des statues de créatures mythologiques.


L’Olympiéion, Agios Eleftherios, Kermaikeios

Ce soir je suis décidée de boire un bon verre de vin avant le dîner. Nous nous installons dans un café qui, de loin, semble prometteur, pour changer d’avis à peine servis. La nuit est déjà tombée, on hésite, on ne connaît pas la ville, tout semble loin et près à la fois. Et puis il se souvient d’un bar à vin-enoteca aperçu en journée quelque part non loin d’une église. Dubitative, je le suis et surpris, à peine 15 minutes plus tard nous nous trouvons devant Heteroclito. Nous nous installons en terrasse, commandons deux verres de vin différents, organiques, tous les deux de Macédoine et tombons sous le charme de cet endroit.

Nous dînerons plus tard vers les Halles dans une boucherie-fromagerie Karamanlidika. On a compris enfin, les plats se partagent et c’est ce qu’on fait dorénavant. Encore une fois des mézé (leur taramosalata est encore plus fort et rustique que le premier, on n’est pas sûr de savoir laquelle on préfère, toutes sont bonnes), une salade de verdure (c’est-à-dire d’épinards comme précisé plus haut) et de fromage frais, des boulettes de poulet, du fromage et un dessert turc Künefe que je ne connaissais pas mais qui avait l’air suffisamment intriguant pour valoir ses 30 minutes d’attente. Comment le décrire ? Une galette sucrée, croustillante, farci au fromage fondu, servie chaude – étrange et bon à la fois, addictif. Un dessert maison nous est offert – du yaourt grecque (rien de surprenant jusqu’à là ) parsemé d’un drôle de fruit orange. Je penche pour le kaki-pomme, non, c’est un légume dit la serveuse. Courge ? Patate douce ? Eh non, la carotte, vous m’avez eu, je ne l’aurais jamais deviné.

Café Lotte

Une envie de douceur

Depuis que nous vivons à Tallinn, et d’une manière assez paradoxale puisque ça aurait tout de même été plus facile et plus pratique avant, nous passons la plupart de nos vacances aux quatre coins de la France. Ainsi pour les vacances d’hiver nous avons loué un petit appartement dans le Marais et avons profité d’une semaine parfaitement parisienne loin de notre petite chérie qui elle était choyée pendant ce temps-là par ses grand-parents. Voir Paavo Järvi à la tête de l’orchestre symphonique de la NHK dans la nouvelle salle de la philharmonie de Paris a été un moment fort de ce voyage. Pour lui, c’était une occasion d’y revenir après avoir inauguré la salle le 14 janvier 2015, pour nous de le revoir encore une fois à Paris, un peu hors temps et de l’espace comme si nous nous trouvions dans un monde parallèle qui aurait pu être mais qui n’est pas. Sur le chemin nous nous sommes même arrêtés dans un bar à vin ou nous avions donné rendez-vous à un ami, chose assez extraordinaire car cela ne nous arrive jamais à la maison. Croissant ou baguette fraîche et confiture d’abricots au petit-déjeuner, un repas léger dans un des nombreux bistrots du quartier à midi (au Temps des cerises par exemple), les après-midi à flâner au marché des enfants rouges ou encore dans les petits cinémas un peu obscurs pour voir le Your name de Makoto Shinkai et un autre film français parfaitement oubliable, des soirées entre amis qui se terminaient alors que les premiers métros avaient déjà débuté leur longue journée. Il y a aussi eu un brunch tout simple, des œufs sur le plat, du saumon fumé, des avocats, du bacon, des éclairs à la fleur de cerisier fabriqués par les très talentueux doigts de T., plein de mômes dans tous les sens, des amis encore et de la famille.

Pour Pâques, nous avons mis le cap sur le Sud en passant par Lyon. Je ne tenterai même pas de décrire la richesse de la scène culinaire lyonnaise en quelques lignes mais tout de même un déjeuner de fruits de mer aux halles Paul Bocuse, d’innombrables tartes à la praline rose de chez Jocteur, sans parler d’exquis plats vietnamiens préparés par ma belle-sœur encore plus savoureux que sur place si j’osais le dire. Nous ne nous y sommes attardés que quelques jours afin de continuer vers le Lubéron et plus précisément vers le minuscule village de Rustrel où une somptueuse villa nous attendait – au Coin des amis. La semaine fut venteuse, ensoleillée, délicieuse, magnifique. Cette fois-ci la petite Irène nous accompagnait et s’est révélée comme un compagnon de voyage parfaitement acceptable si toutefois on cédait à quelques-uns de ses souhaits comme courir après chaque chat aperçu dans la rue, la nourrir uniquement de risottos sinon la laisser dévorer nos plats à nous, et procéder à une sieste de deux heures tous les jours. Nos amis, ces deux tontons de prêt ont eu l’amabilité de prétendre adorer tout cela et j’ai envie de dire qu’ils ne feignaient pas complètement.

Cet été en revanche nous cherchions la fraîcheur et nous avons donc jeté notre dévolu sur la Bourgogne, notamment la campagne profonde, le nord et l’ouest. Nous avons logé au Pigeonnier Colbert tenue par la famille Roy, un endroit exceptionnel en tout point. Il n’y manquait rien, ni la bibliothèque alourdie par le poids de vieux recueils de classiques français, ni le salon avec un douillet coin cheminée, ni les œufs frais qui attendaient sagement d’être dégustés à la coque au petit-déjeuner. La salle de bain-ancienne tour de pigeons que Colbert aurait entretenus pour être informé en temps et en heure du moindre agissement de ses sujets vaut en soi le déplacement. Et je ne parle même pas du jacuzzi en plein air, du Kitchenaid jaune poussin et des chevaux dans la prairie, ni d’ailleurs des pâtisseries et du pain de nos hôtes – c’était aussi beau que délicieux. Beaune nous a beaucoup plu mais aussi Chablis, Bourges, Chavignol (oh les crottins frais de Dubois-Boulay). Nous n’avons évidemment pas su résister à la tentation de nous procurer quelques caisses de Pouilly-Fumé et de Sancerre qu’on a stockées à Paris, faute de pouvoir les transporter à Tallinn dans nos bagages.

Notre passage à Brest chez mes beaux-parents a été plutôt mouvementé cette fois-ci dû à quelques désagréments (deux jours d’hospitalisation pour Irène à cause d’une crise d’asthme viral et un vol de documents de voyage ainsi que de cartes bancaires, rien de mieux pour démarrer les vacances, n’est-ce pas ;). Il me semble cependant que nous nous en sortons plus soudés qu’avant ayant appris à mieux se cerner les uns et les autres dans des circonstances que nous n’avons pas forcément choisies. C’était aussi l’occasion de se faire une cure de fruits de mer de tous genres mais surtout pêchés localement. Les araignées de mer, les homards du Conquet, les huîtres et j’en passe. C’est aussi à Brest que nous avons fêté les 40 ans de mon amour, à Hinoki. Allez-y, c’est exceptionnel, même si c’est la seule et unique raison de votre présence en ces lieux.

A notre retour à Tallinn nous avons été accueillis par une marée de fruits rouges et de girolles, d’immenses melons et pastèques d’Ouzbékistan, des cornichons à de différents stades de maturation et une fraîcheur déjà automnale. Irène a deux ans, elle va à l’école. Le matin, seule dans ma cuisine et toujours nostalgique de ce pays que nous avons quitté il y a deux ans maintenant, je rêve pour elle une enfance douce, embaumée d’odeurs de beurre fondant et de cardamome, saupoudrée de sucre perle et dégustée au goûter avec un verre de lait. J’aimerais qu’elle connaisse les deux, le porridge d’avoine et le pain au chocolat, le gâteau au fromage blanc et l’éclair au café, le pain de viande et le steak « bleu ». Ah si seulement elle acceptait de manger des morceaux et tout ce petit monde succulent serait à elle ! En toute modération, cela va sans dire. Bientôt, sûrement plus vite que je le voudrais.

C’est peut-être pour cela que je suis à ma quatrième brioche en moins de deux semaines et on ne s’en lasse pas. Malgré quelques timides tentatives précédentes je n’ai jamais vraiment réussi à me familiariser avec la levure fraîche et en règle générale, tout ce qui touche à la pâtisserie ou à la boulangerie me remplit d’une humilité mêlée de crainte. Je ne sais pas vraiment ce qui a pu changer, sûrement ma façon d’approcher ce sujet intimidant mais pour la première fois j’ai vaguement l’impression de savoir ce que je fais. Pour les trois premières j’ai tenté de suivre encore une fois scrupuleusement la recette de base de Christophe Felder tirée de Pâtisserie et malgré quelques moments d’inattention j’y suis arrivée plutôt pas mal. Le résultat était riche en beurre, aéré, avec une très légère pointe de salinité, vraiment parfait au petit-déjeuner ou en dessert pour contrebalancer le sucré de la confiture ou des pâtes à tartiner.

Pour la quatrième cependant j’avais envie d’essayer quelque chose de plus léger et je me suis fortement inspirée du blog de Fanny Like a Strawberry milk dont je suis fidèle lectrice depuis des années.Celle-ci est effectivement moins chargée en beurre, plus légère et la pousse a été beaucoup plus impressionnante que pour les trois premières. J’utilise un robot Kitchenaid qui facilite grandement le pétrissage. Il faut toutefois noter que si on se tient aux quantités indiquées ci-dessous il faudrait probablement arrêter le pétrissage de temps en temps et l’aider d’un coup de spatule pour que tous les ingrédients soient vraiment bien incorporés. Je n’ai pas eu ce problème en doublant les quantités pour confectionner quelques roulés à la cardamome.

Pour la pâte

250 g de farine
35 g de sucre
3 oeufs
80 g de beurre
85 g de lait
10 g de levure fraîche
Une pincée de sel
1 oeuf pour dorer

La marche à suivre

Sortez les ingrédients à l’avance de sorte de pouvoir les utiliser à température ambiante.

Mettez dans la cuve de votre robot la farine, le sucre, le sel et la levure sans que cette dernière ne touche ni au sel ou ni au sucre. Ajoutez les œufs et le lait et à l’aide du crochet pétrisseur, pétrissez à vitesse lente approximativement 5 minutes jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. J’avoue avoir ajouté une ou deux cuillères à soupe de farine une première fois car elle me paraissait un peu trop liquide, cela étant dit, un 5ème essai n’en a pas eu besoin. Ajoutez ensuite le beurre morceau par morceau et continuez le pétrissage d’abord à vitesse lente et ensuite à vitesse moyenne pendant une dizaine de minutes. Cela peut prendre quelques minutes de plus si vous avez conservé les quantités indiquées, si en revanche vous faites la double dose 10 minutes devraient suffire.

Laissez la pâte reposer dans la cuve du robot sous un torchon propre à température ambiante jusqu’à ce qu’elle double de volume. Chez moi je compte 1h30 – 2h.

Beurrez le moule à brioche et farinez légèrement le plan de travail. Sortez la pâte sur le plan de travail et formez-en un rectangle sans trop la travailler. Coupez le rectangle en 4 morceaux identiques, formez-en délicatement des boules et déposez-les dans le moule. Couvrez le tout du film alimentaire et laissez reposer encore 1h30 ou jusqu’à ce que la pâte double de volume.

Faites-chauffer le four à 170°C, chaleur tournante. A l’aide des ciseaux que vous auriez trempés dans l’eau froide pour éviter que la pâte colle, effectuez une incision au milieu de chaque quart de sorte à obtenir 8 petites boules similaires. Dorez-les avec l’œuf et enfournez pour une vingtaine de minutes. Vérifiez de temps en temps la cuisson car chaque four a ses petites particularités.

Sortie du four, laissez votre brioche tiédir un peu, démoulez-la et laissez-la refroidir sur une grille de pâtisserie. De toute évidence, c’est le premier jour qu’elle est la meilleure alors que toute la maison est encore remplie du parfum du pain fraîchement cuit. Hélas, chez nous, nous ne sommes que deux à en manger pour des raisons expliquées ci-dessus. Nous conservons donc nos brioches dans un sac en papier et les deux premiers jours nous les mangeons telles quelles. A partir du troisième jour nous les gardons au frigidaire et nous les faisons légèrement griller au grille-pain avant de les déguster avec du beurre aux cristaux de sel et à la confiture de myrtilles pour moi ou au caramel beurre salé pour Guillaume.

Un mariage vietnamien

kbqsovzrusn5gcdwijpma_thumb_2e39 Je suis arrivée quand la fête battait déjà son plein. Le chauffeur a eu un peu de mal à trouver l’adresse gribouillée pour moi sur un post-it par mon beau-père et pourtant il n’avait qu’à se laisser guider par le rythme entêtant des basses qui faisait vibrer le quartier entier. Les parents de Phuong avaient bloqué la petite rue menant à leur maison et y ont fait dresser une tente rouge et blanche. Sous cette tente se trouvaient les invités, seulement la famille et quelques amis, une bonne trentaine de personnes ainsi que les tables dressées pour le repas, les musiciens et deux énormes haut-parleurs qui rivalisaient entre eux à qui pourrait émettre le plus de bruit. Ce soir-là nous avons mangé des crevettes sautées aux épices, de la soupe très légèrement gluante et de petits flans sucrés. Une quantité innombrable de canettes de bière locale ont été vidées et puis abandonnées joyeusement sous les tables. Tout le monde a chanté au micro, à commencer par les parents de la mariée et ses nombreux cousins. Des chansons françaises, des chansons vietnamiennes, des chansons d’amour, de tout.

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ylzg7ssqruytayq0cq07mq_thumb_2e6fLe lendemain c’était une toute autre ambiance. Séance de coiffure à l’hôtel, les photos, un petit-déjeuner composé essentiellement de fruits et avalé à la va vite. Phuong et Alex étaient vêtus de somptueux costumes traditionnels vietnamiens et nous autres, nous avons tenté d’avoir l’air le plus chic possible dans cette matinée déjà humide et bien trop chaude. Nous sommes tous retournés en voitures décorées chez les parents de Phuong où un cortège a été formé pour parcourir les quelques mètres qui séparaient leur maison de la grande rue et ceci sous les yeux curieux des voisins et de quelques poules égarées. S’en est suivie une courte cérémonie bouddhiste et la présentation des cadeaux à la mariée comme il se doit dans la tradition vietnamienne.
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mnvdygyrtrmfbnc9onga_thumb_2e6a48gcbbdsmpbjjowuu2sa_thumb_2e62vpl66lptgutoydrs29z2w_thumb_2e33Dans l’après-midi nous nous sommes retrouvés presque à huis clos à l’hôtel à cinq avec Phuong, Alexandre et mes beaux-parents pour porter un verre (de champagne bien sûr !) au bonheur des mariés. Il fallait traduire le discours français en anglais pour que Phuong puisse le traduire à son tour en vietnamien, rhabiller tout le monde, refaire la coiffure de la mariée, réussir un double noeud de cravate pour le marié ce qui fut un effort de longue haleine couronné d’un succès relatif. Dans la bagarre, il y a eu entre autres un cours donné sur le comment accrocher et fermer correctement des boutons de manchettes – toute une science qui se perd.
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La salle de fêtes se trouvait au bord du fleuve dans un immense bâtiment du style vietnamien entouré d’un jardin aux lampadaires et de petits ponts ombragés. Les 300 invités ont commencé à se rassembler vers 16 heures, salués tous avec une poignée de main par les parents et les mariés. Je ne saurais comment décrire exactement ce qui s’est passé par la suite mais il y a eu des danseuses traditionnelles, des discours, du faux champagne rose et fumant, des pétards et des ballons roses et blancs, des chansons interprétées par les invités, des plats exotiques (tel les chips d’arêtes de poisson) et de la bière et encore de la bière. A 19 heures c’était fini, il n’y avait plus qu’à balayer les canettes vides dans d’immenses sacs poubelle et à conduire les plus tenaces dans le bar karaoké continuer la soirée.
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Le lendemain après une brève visite du marché à Hue je suis retournée à Hanoï chercher le reflet évanescent d’une ville d’un autre temps aux silhouettes fragiles de belles sortant le soir pour aller retrouver leurs galants. J’ai été accueillie par un flux constant et indifférent de scooters et de marchands ambulants, de troquets et de commerces de tous genres envahissant les trottoirs et par une pluie tenace. Pour ne pas faire du tort à cette ville, je dois dire que j’avais le coeur à toute autre chose. Ma petite famille à moi était restée à Tallinn à quelques milliers de kilomètres, je voyais Irène dans chaque bébé qui passait, perché sur la moto et serré entre son papa et sa maman, chaque couple que je croisais ne me faisait que languir encore plus de ce qui m’était ôté pour un temps bien que court.
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w3n85hzctzszah3pfvrow_thumb_2ee8Ce n’était qu’une fois sortie de Hanoï, au bord de la baie de Hao Long que j’ai pu retrouver un semblant de sérénité. Pour y aller, j’ai partagé un mini-bus avec une petite famille d’origine asiatique, probablement vietnamienne, un couple fraîchement marié d’américains et une mère qui voyageait avec son fils trentenaire. Aucune liaison rien qu’éphémère n’a été tissée lors de cette croisière et c’est peut-être la raison pour laquelle je l’ai trouvée particulièrement apaisante. Cela étant dit, ma curiosité m’a fait imaginer toutes sortes d’histoires concernant mes co-passagers et plutôt dans le verve de Woody Allen.
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uyox1axythsivbe1qin1qa_thumb_2f16Dans le cohue du départ je n’avais pas pensé ni au maillot de bain ni aux shorts. J’ai dû donc faire l’impasse sur le canoë-kayak ainsi que la baignade dans les eaux, d’ailleurs plus grises qu’émeraude, de la baie mais après le dîner et les tours de passe-passe du barman je suis montée sur le pont et j’y suis restée longtemps admirer la nuit, captive de mes pensées errantes.

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abwfc1tfgcy35oomqmw_thumb_2f64De retour à Hanoï pour une deuxième fois je me suis laissée emporter par la ville. Je me suis promenée dans les rues nocturnes, j’ai mangé chez Madame Hien tout à fait par hasard, un monument colonialiste par son essence si on en cherchait et pourtant honteusement agréable dans ce monde déboussolant. Les magasins fermaient après dix heures du soir, même les petits, surtout les petits. Evidemment, Irène a été gâtée – impossible de ne pas céder à l’appel d’une robe de fêtes en laine grise et au tutu blanc, ou encore d’un haut avec une petite souris ou … enfin. Nous avons atterri à Tallinn sous la neige. Depuis il fait autour du zéro à -5. Autant dire que c’est la pleine saison de bouillons de poules et de petits pains à la cannelle.
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Fondamentalement je suis d’avis que les voyages entrainent de la fatigue, de l’ennui et peut-être  quelques découvertes heureuses. Malgré cela et de façon complètement inexplicable alors que j’aime par dessus tout ma maison douillette il m’est impossible de réprimer l’envie de partir. Ce voyage-ci je dois l’admettre a été particulièrement enrichissant et pénible à la fois. Le hasard semblait m’avoir pris en grippe pour une raison inconnue et m’a fait voyager seule et sans bagages tout en multipliant par deux la durée des trajets les plus longs sans mentionner les désagréments mineurs. Et pourtant, ou plutôt grâce à toutes ces complications accumulées, de retour je me sens tel un Marco Polo des temps modernes. J’ai vu tellement de choses en ces quatre jours et qu’elles soient positives ou négatives est entièrement secondaire. Le mariage évidemment a été un moment très fort et émotionnel. Voir se réaliser le bonheur de deux personnes qui ont dû traverser tant de difficultés pour y parvenir est une expérience tellement rare et absolument exceptionnelle. Une nouvelle vie s’ouvrent à eux dans tous les sens du terme et plus encore pour Phuong qui quittent son pays afin de s’installer en France. Bienvenue Phuong, nous vous souhaitons à tous les deux tout le bonheur du monde.
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Au Japon

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Le Japon m’a toujours fascinée et pendant longtemps je l’ai sûrement idéalisé comme on peut idéaliser un pays qu’on ne connaît que grâce aux cartes postales, ou dans mon cas, grâce aux livres, aux films et aux animes. Mes premiers voyages n’ont fait que confirmer cette fascination. Je ne sais par quel moyen j’ai réussi à demeurer aveugle à l’extrême densité de population et au manque d’espace drastique, au consumérisme immodéré, au goût discutable pour tout ce qui est mignon ou qui brille ou les deux à la fois. Cela ne veut surtout pas dire que je n’y ai pas connu mon lot de mésaventures et de frustrations mais j’y suis toujours retournée avec de l’enthousiasme et l’envie d’en savoir plus.

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Les saisons s’y reflètent dans l’assiette et dans les couleurs portées par par les jeunes demoiselles en yukata. Je pourrais me perdre dans la contemplation de tous ces petits mondes de beauté et de sérénité qu’on découvre à l’improviste au détour d’une rue bordée d’affreux immeubles et de poteaux électriques ou au 2ème sous-sol d’un supermarché. Le petit chemin ombragé, parsemé de pierres moussues et de quelques feuilles rouges qui mène jusqu’au salon de thé caché du bruit et des regards indiscrets. La fleur fraîchement cueillie qui vient égayer l’assiette de poisson cru ou la feuille d’érable en automne, les minuscules jardins au coeur des demeures où l’emplacement de chaque grain de sable est longuement prémédité et inchangé depuis dix générations. Le pays entier est un manifeste constant au soin apporté aux objets, à l’espace, à l’autre. Ainsi la laideur banale des banlieues se trouve toujours interrompue par un pot de fleur posté sous la fenêtre ou par un minuscule autel bouddhiste entretenu avec le plus grand soin.

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Cet été, la chaleur était accablante. Atsui ne disaient les vieilles dames en souriant poliment, munies d’éventails aux couleurs passées, d’ombrelles et de toute une panoplie de gants et de guêtres afin d’éviter d’exposer leur peau au moindre rayon de soleil. Nous inclinions la tête et répondions par un petit sourire de connivence pour signaler notre accord. Et en effet, on se sentait écrasés par cet atmosphère chargé d’humidité, de chaleur et du chant incessant des cigales.

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Malgré cela et sans tenir compte des conseils amicaux de l’employé de JR, nous avons décidé de nous rendre de Magome à Tsumago à pied alors qu’un car climatisé aurait pu nous y déposer en quelques 20 minutes. Cette étape de 8 km de l’ancienne route postale nous a fait traverser des plaines de rizières et des forêts où il était conseillé de sonner la clochette pour ne pas tomber nez à nez avec un ours. Au tournant de la route, nous avons découvert un vieux moulin à eau, dans un minuscule village des prunes étaient en train de sécher dans des panier, assurément destinées à être conservées sous forme d’umeboshis.

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Une jeune fille en habits de ferme nous attendait à la gare de Sakakami pour nous accompagner en voiture aux village de Tanekura tout en haut de la colline, entouré de forêts et de ruisseaux. Le village compte une quinzaine, peut-être une vingtaine de fermes traditionnelles et plus que huit familles. On y cultive du riz, du sarrasin, du gingembre et une multitude d’autres légumes feuillus que je ne saurais nommer. Nos chambres se trouvaient à l’étage d’une vieille maison d’habitation. En bas, un foyer ouvert, une salle à manger, les bains. Un couple japonais est arrivé un plus tard et a été installé dans une chambre à l’opposé des nôtres, une jeune famille avec des enfants semblait séjourner dans une bâtisse avoisinante, nous les avons vus plus tard dans la soirée.

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Le dîner nous a été servi au même moment qu’aux autres par l’employée de la taverne, habillée joliment dans une yukata aux couleurs sobres. Composé essentiellement si ce n’est uniquement de légumes et de céréales locaux ainsi que de plantes sauvages, le repas fut une véritable découverte gustative. Les sushis aux gingembre frais, les tempuras de verdures et de champignons, le sarrasin sous toutes ses formes. Le lendemain matin le maître de soba nous a gentiment initié à son art (car en le regardant travailler, à l’entendre parler du chat, du renard et de l’ours, à le voir former des fleurs avec sa boule de pâte, on ne peut pas appeler son métier autrement). 13 ans il faut pour parvenir à la maîtrise.

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Le tour de vélo long de trois heures s’annonçait mal. Il faisait plus chaud que jamais cet après-midi à Hida Furukawa et le fait même d’exister exigeait de nous un effort monumental. Tatsu, notre guide semblait pourtant imperturbable dans sa bonne humeur et son enthousiasme. Nous nous sommes arrêtés souvent pour boire de l’eau de source et pour écouter ses explications abondantes concernant la vie locale et les traditions. Vous savez, à Tokyo, j’ai toujours fermé ma porte à clé. Ici, jamais. En rentrant, je trouve souvent un panier de légumes laissé par un inconnu bienveillant. Voyez-vous, cette source a été découverte sur une propriété privé. Eh bien, les propriétaires ont décidé de la rendre accessible à tous et maintenant les gens viennent de loin pour remplir leur réservoirs d’eau. Regardez cette vaste demeure. Elle a plus de 150 ans et dans le temps on y produisait de la soie. Quand sa propriétaire actuelle nous quittera, elle sera probablement sur le marché pour le prix d’une voiture. De son sac à dos il sortait tantôt un album de photo pour illustrer ses paroles, tantôt des échantillons de riz, tantôt du thé froid et des gâteau pour le goûter.

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Il était déjà 17h30 passé et nous nous précipitions comme des centaine d’autres tokyoïtes vers la sortie du metro. Dehors, une vague de fans habillés en couleurs de leurs équipes préférés nous submergeait. Sur les trottoir les petits stands éphémères proposaient de la bière fraîche en canette, des takoyaki, du mais grillé, des panures et des fritures en veux-tu voilà. Nous étions placé dans le camp des hirondelles, Tokyo Yakult Swallows qui affrontait ce soir la légendaire équipe de Yomiuri Giants (l’équipe favorite du professeur dans la Formule préférée du professeur de Yoko Ogawa, me dit G.). J’étais évidemment pour les Swallows, les autres pour les Giants. A ma gauche, un papy avec sa fille d’une 50ne d’année respirait au rythme du match. Il avait le fan kit entier dans son sac, les quilles, le parapluie etc et il partageait avec insistance ses reliques de fervent supporter de longue date avec nous. De temps en temps il sortait une boite en plastique et des baguettes pour avaler quelque morceaux de poulet pané ou d’autres friandises.

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La maison à Kyoto se trouvait au fond d’une étroite ruelle à Furukawacho, dans la partie de la ville qui se situe à l’est de la rivière Kamo, au nord de Gion. Notre chauffeur, n’étant pas sûr de l’emplacement et ne voulant surtout pas abandonner trois innocents touristes dans le jungle qu’est Kyoto, nous a gardé précieusement dans sa voiture jusqu’à l’arrivé du gérant de la société qui s’occupe de la location des machiya. Les tatamis y sentaient encore frais, la minuscule cuisine comprenait entre autres un cuiseur de riz, le café et le thé étaient soigneusement sélectionnés. Un stand de takoyaki se trouvait à la sortie de la station de métro la plus proche et un autre de gyoza à peine 100 mètres plus loin.

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Nous sommes sortis vers 19 heures sous un ciel menaçant. Les premières gouttes sont tombées 15 minutes plus tard et encore quelques 10 minutes plus tard il pleuvait des cordes. Nous voulions remonter la rivière et essayer de trouver un endroit surélevé pour admirer les caractères chinois allumés aux flancs des montagnes tout autour de la ville. Patiemment nous avons attendu sous une pluie battante. 20h ont sonné et nous ne pouvions même plus distinguer les contours des montagnes dans la pluie. C’était le 16 août et nous n’avons rien vu. Sur le chemin de retour nous avons découvert une ville métamorphosée en un gigantesque réseaux de ruisseaux et de cours d’eau. Ce soir nous avons dîné dans un petit izakaya du quartier serrés entre deux copines d’un âge respectable qui avaient visiblement un faible pour le shochu coupé à l’eau et un homme solitaire et taciturne.

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Un petit miracle s’est produit lors de notre trajet de retour et nous nous sommes trouvés pour la première fois surclassés en business. C’est un peu honteusement et avec un plaisir non-dissimulé que j’ai commandé une coupe de champagne avant même de décoller et que j’ai minutieusement étudié la carte avant d’effectuer mon choix de plats. Vous le savez déjà mais il y a de la place pour les jambes, pour les magazines, pour un oreiller. Il est même possible de s’allonger complètement ce que j’ai fait un peu plus tard pour rattraper quelques heures de sommeil, ou encore de bouquiner confortablement ce que j’ai également fait. J’ai beaucoup aimé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.

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L’Italie ou une folie d’asperges

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L’Italie et la France. Deux pays absolument magnifiques et si riches, si riches. L’Italie fabuleuse et imprévisible et Paris, ma foi, Paris reste Paris malgré les circonstances.

Le voyage en soi a été chaotique et même exaspérant par moments. Un peu comme si nous nous trainions d’un écueil dans l’autre – à peine une première catastrophe absorbée que voilà sa copine qui pointe le bout de son nez. Pour préserver un semblant de légèreté sur ces pages je vais vous épargner la description minutieuse de nos péripéties mais disons juste que nous devons une fière chandelle à cette jeune famille inconnue qui a eu la l’excellente idée d’oublier une poussette parapluie rouge pétante à l’hôtel où nous séjournions. Elle nous a bien servi pendant les quatre premiers jours au bord des lacs alors que les roues habituelles d’Irène, ou notre « char d’assaut » comme on l’appelle avec beaucoup d’affection, était retenu dans un entrepôt poussiéreux quelque part à CDG. Il y a eu des embouteillages à ne plus finir, des explosions à Bruxelles (que mon papa-chéri visitait pour la première fois de sa vie), une querelle à l’agence de location de voiture, un virus intempestif ramassé le dernier jour du voyage, toujours présent, il y a eu… Enfin, vous voyez.

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Mais alors l’Italie. L’Italie ! Le soleil, les terrasses de café à midi et les verres de franciacorta (un vin pétillant, plus fin que le prosecco – jusqu’à il y un mois j’ignorais encore tout de son existence), les églises dorées-roses-de marbre, les routes étroites et sinueuses sur les berges des lacs où on se faisait systématiquement klaxonner par les locaux exaspérés par notre allure modérée, les signore toutes, mais toutes, immédiatement conquises par les premières coquetteries d’Irène.

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Un jour nous avons déjeuné dans une trattoria absolument magique. Il me semble que c’était autour du lac de Côme, et nous venions de trouver le petit restaurant typique, local et peu connu de touristes mais cependant plébiscité par notre guide, désespérément fermé. Nous avions projeté de visiter la très belle ville de Bellagio et de casser la croute dans un des villages mitoyens du nom de San Giovanni il me semble. Or voilà, le village en question comprenait justement ce seul et unique restaurant aux stores abaissés, deux ruelles qui se rejoignaient devant l’inévitable église ainsi qu’un minuscule port de pêche venteux donnant sur le lac (vue à couper le souffle, évidemment). Quelque peu désemparés par cet échec mais n’ayant pas d’autres solutions à portée de main, nous avons ressorti le guide et nous nous sommes fixés sur un autre restaurant typique, local et à peine à 6 km de distance.

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Une heure et 20 km de petites routes montagneuses plus tard nous y étions enfin. Un village tout en haut de la colline composé de vieilles maisons en pierre et de rues qui se transformaient mine de rien en escaliers. Des travaux ici et là mais sinon pas un rat. De la pierre, de la poussière, des passages sombres et étroits entre les bâtisses et la trattoria qui de justesse s’appelait l’Antica trattoria di… Au rez-de-chaussée une jeune fille en train grignoter le bout de son crayon au dessus des mots croisés, une machine à café et un frigorifero rempli de boissons rafraîchissantes. En haut, la trattoria. Trois petites salles, une cheminée ou deux, les murs décorés de dictons sur la bonne chère, en lombard (?), des nappes à carreaux vert et blanc, quelques clients. Mais alors pas n’importe lesquels. Deux ouvriers et leur patron qui travaillaient sur le chantier à côté, une autre compagnie d’ouvriers un peu plus nombreuse et puis, deux papys très chics en habits de cyclistes professionnels. Ils venaient de terminer leur primi piatti et causaient tranquillement avec le patron en attendant la suite. Une carafe de vin rouge sur la table, évidemment. Nous avons commandé un risotto aux asperges (des asperges, partout, j’en suis encore toute retournée ) et des pâtes au pesto, une assiette de fromages locaux à partager, de la salade, du vin et forcément des espressos. Je n’ai pas pu m’empêcher de tendre l’oreille aux conversations environnantes. Oui, les deux papys étaient bien des habitués et ils  allaient revenir sans faille vendredi prochain. Nous étions mardi ou mercredi. Ces deux signori avaient donc pour habitude de grimper sur leurs vélos tout en haut de la colline et de se partager un repas et un verre de vin au moins deux fois par semaine. J’ai été très impressionnée et même envieuse de cette vie qui me paraissait tellement élégante.

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Un autre jour, et c’était à Bergamo, nous avons eu la chance de déjeuner dans une tout autre atmosphère mais au final, il me semble que ce restaurant remplissait exactement le même rôle que l’Antica trattoria en haut de la colline. Après quelques mésaventures et avant même de pouvoir monter en ville haute admirer il centro storico, nous nous sommes donc installés dans ce restaurant au fond d’une cour intérieure, caché des bruits de la rue. La mauvaise humeur d’Irène a été balayée en quelque secondes grâce aux sourires admiratifs de la serveuse et nous pouvions enfin nous relaxer. L’endroit est connu entre autres pour ses plateaux de charcuterie et de fromage et c’est sur cela que notre choix s’est enfin arrêté. Non sans quelques regrets pourtant (bien que nos plateaux fussent excellents) car les plats que nous voyions traverser la salle avant d’atterrir devant les clients, en costume-cravate cette fois-ci, nous faisaient tous saliver. Guillaume se souvient encore des roulés de pâtes visiblement farcis aux épinards et à la ricotta… (j’ai déjà oublié le terme culinaire employé à leur description). Ambiance bois foncé, caisses de vin empilées, lumière tamisée, le tout présenté le plus simplement possible. Une clientèle qui revient, probablement plusieurs fois par semaine car c’est bon et beau mais aussi nourrissant.

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Avant le départ pour Paris nous avons fait des courses auprès des petits commerçants de Lecco. Alors, Lecco n’est surement pas ce qu’on pourrait appeler une petite ville pittoresque sur les côtes du lac de Côme. Et pourtant. La petite place du centre est bordée de palazzi, au tournant de la rue, une vue magnifique s’ouvre sur les sommets des Alpes enneigés, le tintement des cloches remplit l’air matinal pendant un instant et d’un coup on oublie toutes les installations industrielles et franchement laides dont est dotée la ville. Nous avons trouvé plusieurs boucheries et fromageries, sans parler des pâtisseries. Du fromage, de la pancetta (indéniablement ma nouvelle favorite de la charcuterie italienne), des cèpes séchés, quelques bouteilles de vin. Pourquoi, oh pourquoi la moindre petite ville italienne et française regorge de ce genre d’établissements alors que Tallinn… voit émerger tous les ans un nouveau mega-super-hyper centre commercial. Pourquoi s’inspirer toujours de ce qui est sans âme, médiocre et moche au nom du profit ou du progrès ? Ne serait-il vraiment pas possible d’inverser cette tendance ? J’aimerais tant.

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Ce n’est bien sûr pas tout. Il y a eu une longue promenade tranquille à Stresa car nous venions de visionner récemment La Sapienza. C’est ici qu’ils se sont rencontrés, sûrement. Attends, ici peut-être, regarde, ça y ressemble. Et puis les majestueux palazzi abandonnés, décolorés, derrière les grands hôtels de luxe. Il y a eu aussi la visite du monastère de Santa Catarina juste en face de Stresa sur l’autre bord du lac – construit au pied de la colline à quelques 20 m au dessus de l’eau, calme, ensoleillé, tellement chaleureux. La colonnade, l’ombre sous les voutes, et le calme, encore une fois. Il y a eu aussi le petit jardin public rempli des premières fleurs de l’année à … Mais comment cet endroit s’appelait-il déjà ? (Cernobbio, ça me revient). La ville de Côme que nous avons beaucoup aimée mais où le repas de midi était plutôt décevant. Qu’est-ce que j’ai pu oublier ? Le bonheur d’être ensemble, tous les trois, notre petit monde. Si cher.

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A Paris nous avons fait le choix de louer un appartement dans le Marais que cette fois-ci on pourrait qualifier sans hésitation de typique : immeuble haussmannien, 5ème étage sans ascenseur (pour une fois que notre char d’assaut nous avait fidèlement suivi), parquets, murs blancs, panneaux, cuisine et sdb minuscules. Le frère de Guillaume, revenu de Vietnam a enfin rencontré sa petite nièce et nous avons fêté cet événement dans le bistrot d’à côté du nom Du temps des cerises – on n’aurait pas pu mieux tomber. Ils avaient des oeufs à la mayonnaise en entrée (si simple), ils avaient de toutes petites tables et beaucoup de monde, on se serre les coudes, un comptoir pour faire patienter. Tellement bien. Les burgers étaient copieux, les frites bonnes.

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La raison de notre venue à Paris et initialement de tout ce remue-ménage était d’ordre familial. Le grand-père de Guillaume nous a quitté il y a peu et nous souhaitions l’accompagner lors de son dernier voyage au cimetière de Poissy. Très sobre. Quelques rayons de soleil printaniers, un discours, une dernière pensée, un repas partagé en petit comité.

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Le lendemain soir après une journée de promenade et d’emplettes nous avons pris des asperges blanches et une botte d’oseilles à un étal de fruits et légumes tout près de l’appartement. Une barquette de fraises (de Plougastel ?) s’est probablement invitée aussi dans nos paniers. En fut composé un risotto aux asperges car enfin, vous l’aurez compris, je suis complètement sous le charme de ce légume. Et pour le dessert une très jolie boîte nous attendait, contenant la Colomba di Pasqua  – une pâtisserie italienne, briochée, parfumée aux abricots secs et parsemée d’amandes, un rêve. A 21 h il s’est mis à pleuvoir des cordes et en ouvrant les fenêtres de la cuisine, on pouvait entendre le retour des cloches de Notre Dame carillonner, chargées de friandises.

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Il y a eu un repas quelque peu décadent  à Okomusu  accompagnée d’une très bonne bouteille de saké et de bavardages. C’est un tout petit restaurant japonais (comme là-bas, ou comme à Paris, d’ailleurs) a un air de famille, souvent fermé et de plus en plus populaire. Pensez à réserver. Sur la carte, pas de sushi pour une fois mais trois versions d’okonomiyaki, de cette omelette si riche et réconfortante, et quelques plats de nouilles sautées. Et un dernier déjeuner chez des amis avant le retour, à tous points époustouflant. Un tataki de bonite et des maki maison en entrée, des tomates farcies en seconde entrée, l’agneau de 7 heures façon grande cuisine, un fraisier encore une fois fait maison et maîtrisé à la perfection sans parler du vin, du champagne et d’autres mignardises. Merci Tsubasa pour ce merveilleux moment. Nous sommes repartis repus et attristés de devoir laisser loin derrière nous ce petit monde qui fut le nôtre pendant presque 15 ans.

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Sur ce, je vous laisse en compagnie d’une recette de risotto aux asperges pour deux. C’est encore la saison, profitez-en.

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120 g de riz de risotto
250 g d’asperges
1 verre de vin blanc (Soave)
1 cube de bouillon (de poule ou de légumes)
1 échalote (ou 1/2 oignon, à défaut de)
2 c. à s. d’huile d’olive
20 g de beurre
Sel, poivre
Du parmesan fraîchement râpé

Remplissez une casserole de taille moyenne d’eau (1 l à peu près) et portez à ébullition. Préparez les asperges, couper la partie boisée du pied et épluchez-les. Coupez les tiges en morceau de quelque 3 ou 4 cm de long. Plongez les asperges dans l’eau bouillante pour 30 secondes à peine. Pêchez-les à l’aide d’une écumoire et réservez.

Rajoutez le cube de bouillon dans l’eau de cuisson des asperges et maintenez le bouillon au chaud, presque frémissant.

Faites-chauffer l’huile d’olive dans une sauteuse à fond épais au feu moyen. Epluchez et émincez l’échalote et faites-la revenir dans l’huile. Elle doit rester translucide. Versez le riz dans la sauteuse et tout en remuant, attendez que les graines deviennent opaques. A ce moment, versez le verre de vin dans la sauteuse, remuez et laissez l’alcool s’évaporer (une petite minute à peu près).

Ajoutez 1/3 ou 1/4 de bouillon ainsi que les asperges. Remuez régulièrement. Attendez que le bouillon soit absorbé avant d’en rajouter.

La cuisson prendra entre 15 et 20 minutes. Les graines de riz doivent rester un rien fermes à l’intérieur. Coupez le feu, ajoutez le beurre, salez et poivrez si nécessaire, mélangez bien. Servez immédiatement parsemé du parmesan, fraîchement râpé, cela va de soi.

Notes :

Vous pouvez ajouter une botte d’oseilles pour une touche légèrement acidulé.

Si vos asperges sont très fines et fraîches, vous n’êtes pas obligés de les blanchir préalablement. Elle resteront un peu croquantes et c’est comme ça que nous les préférons.

Les asperges blanches étant plus réputées, j’ai cependant une faible pour les vertes à cause de leur jolie couleur tellement printanière. Les asperges sauvages conviennent aussi parfaitement.

Question de goût, mais je n’aime mais pas du tout les risottos rendus excessivement crémeux grâce aux quantités industrielles de mascarpone ou de crème. Un peu de beurre à la fin fait parfaitement l’affaire.

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