En janvier, tout est new

Le parc de Kadriorg et les jeux

L’hiver est partout. A la maison bien sûr avec son lot de neige, de gèles et de dégèles et récemment une chute de température à -20°C même à Tallinn. Mais il est aussi arrivé à Bruxelles où je passe beaucoup de temps en ce moment afin de travailler autant que possible avant une pause de plusieurs mois tant attendu. C’est joli comme tout, un peu glissant par endroit mais très loin de la catastrophe dont nous ont prévenu les plus alarmistes. Par ailleurs, je commence à faire des rêves de fin d’été – c’est le signe incontestable que la chaleur et la verdure me manquent déjà. 

Je ne sais pas si c’est dû à la saison où au fait que je suis enceinte de cinq mois et demi (eh oui, la famille va en s’agrandissant, on est tout excités !) mais j’ai l’impression que tout au tour de moi est passé au mode ralenti. Sûrement un peu des deux. L’heure est à la tisane et à l’introspection, à la lecture et au dessin, aux soirées devant la cheminée avec le monde incroyablement beau et brute d’Outlander en fond, aux longues conversations sur l’avenir et l’immédiat. 

Le parc de Kadriorg
A l’anniversaire d’un camarade de classe au musée pour les tout petits Miiamilla

C’est avec un certain regret que je me rends compte que je n’ai ni photo ni entrée de journal, ni même les données de mes pesées de 2014 alors que j’attendais Irène. Restent quelques documents médicaux dans une chemise bien rangés dans le bureau et une ou deux photos des échographies. Je n’en ressentais pas le besoin à l’époque et je n’ai rien documenté mais je me souviens d’avoir été plutôt insouciante, certaine que tout allait bien se passer et pas très à l’aise à l’idée d’avoir un organisme étranger qui grandissait à l’intérieur de mon corps. En parlant de ce dernier, je n’étais pas non plus particulièrement heureuse de constater les changement inévitables. Ce qui a suivi l’accouchement fut un véritable choc en revanche. 

Aujourd’hui certaines choses ont changé. Très anxieuse au début en partie à cause des tests et analyses à faire, après les fêtes je me sens enfin plus sereine et apaisée. Il aurait quand même fallu quelques discussions un peu musclées pour que je parvienne à relativiser et à m’extraire de ma boule de protection. Depuis je cherche, je lis, je m’interroge, je ne suis pas d’accord avec tout. Pour que ça sonne moins abstrait, voilà quelques questions que je me pose, parfaitement en pêle-mêle : faut-il arrêter de manger du sucre, des graines, du gluten, du cru, du cuit ; faut-il méditer ; et le yoga ? ; le minimalisme et le méthode Marie Kondo vs abondance ; qu’est-ce que je voudrais faire quand je serai grande ; où s’installer, faut-il une décision définitive à ce propos et ainsi de suite.

Le parc de Kadriorg

En attendant que je démêle les noeuds de mes propres envies et que je les concilie avec celles des autres et les exigences de la réalité, Guillaume patiente, me dit « oui, oui, on pourrait y réfléchir » pour me rassurer et se charge au quotidien de la petite demoiselle. (Voilà encore une bonne raison qui me fait penser à la nécessité d’effectuer quelques changements.) 

Notre vie sociale étant des plus limitée en ce moment à cause de mes absences, de la saison, des rhumes de tous et chacun, de nos envies de cocooning et de mille et une petite choses qui font que, nous avons malgré tous ces obstacles réussi à nous extirper de la maison samedi dernier pour passer une soirée chez des amis. On a dégusté un excellent agneau à la grecque de quelques cinq ou six heures de cuisson et j’avais préparé pour l’occasion une galette des rois maison (comprendre – feuilletage maison). Tout ceci pour dire que, si vous hésitez encore, lancez-vous. C’est long, certes, mais techniquement tout à fait abordable et le résultat en vaut le coup surtout dans un pays où trouver de la pâte feuilletée pur beurre relève du miracle. J’ai suivi à la lettre la recette du feuilletage renversé de Pâtisserie, l’ultime référence de Christophe Felder. 

Et pour terminer, une autre recette de risotto (encore !), celle-ci n’est pas de moi et en vaut vraiment le détour. Guillaume a été invité chez un excellent collègue et artiste accompli Hanna Geara il y a quelques semaines et depuis il ne parle plus que de ça. Cerise sur le gâteau, notre princesse au petit pois à adoré ! Hanna a très gentiment partagé la recette par courriel et vous la retrouverez ici expliquée par ses propres mots. Encore merci pour ce moment de gourmandise. (En relisant la recette, je viens de m’apercevoir que j’ai omis la crème, par contre j’ai rajouté de la muscade et à peu près 30 g de beurre après la cuisson hors feu. J’ai également diminué le temps de cuisson à 18 minutes mais n’hésitez pas à gouter). N’oubliez pas non plus de mélanger régulièrement votre préparation car elle risque de coller autrement.)


Risotto à la citrouille (pour 5 personnes)

500 g de 
400 g de riz rond (arborio)
1 oignon
30 g de beurre
1,5 l de bouillon
100 g de parmesan râpé
S et poivre
200 ml de crème
Un verre de vin blanc

Découper la citrouille en cube. Couper l’oignon et le faire revenir avec de l’huile d’olive.
Préparer le bouillon et faites bouillir la citrouille dedans. 
Ajouter le riz à l’oignon et puis ajouter le vin et laisser évaporer un peu.
Ajouter le bouillon une louche à la fois.
Mixer le reste du bouillon et la citrouille déjà cuite et continuer à rajouter au riz.
Après 25 min, quand le riz est cuit rajouter le parmesan hors cuisson et enfin le beurre.
Décorer avec du persil et du parmesan.

Bon Appétit !






Des champignons et des pancakes

La première neige est tombée il y a une dizaine de jours mais depuis il fait plus doux. Ces dernières semaines ont été marquées par beaucoup de travail pour moi mais aussi pour mon cher et tendre. La fin d’un semestre est toujours une période agitée à l’école et ce mois d’octobre n’a pas dérogé à la règle. La fatigue n’aidant pas, il n’a pas toujours été facile de trouver l’énergie et la volonté nécessaires pour se bouger les WE mais nous avons quand même réussi à faire deux ou trois sorties sympathiques.
Après une longue et fastidieuse controverse légale, un nouveau restaurant a ouvert ses portes il y a quelques mois à Kadriorg nommé Mantel & Korsten. Ce nom lui vient de la forme de sa cheminée très particulière. Nous y avons dîné avec deux amis et une petite demoiselle de trois ans bien fatiguée et ronchonne un soir de forte affluence. Bien que les circonstances ne fussent franchement pas favorables, au final nous avons passé une très belle soirée et surtout, les plats étaient tous appréciés (bien que longuement désirés – soirée de fêtes d’anniversaires oblige). Sur demande, Irène a eu des pâtes à la crème et au fromage très rapidement par contre et elle les a dégustées avec une appréciation évidente. J’ai opté pour ma part pour la poitrine d’oie et son strudel pomme-chou rouge malgré une légère appréhension quant à l’ajout du chou mais je n’ai pas eu à regretter mon choix. Ce goût de viande accompagnée de fruits me vient de mon enfance et plus précisément des repas de Noël pour lesquels maman enfournait toujours un gigantesque rôti de porc et l’accompagnait de boudin noir et de pommes au four farcies de noisettes et de raisins. Un goût que pour mon plus grand regret je n’ai pas encore réussi à transmettre à mon chéri. Quant à notre oie de chez Mantel & Korsten, elle était tendre et goûteuse, parfaitement équilibrée par le pas du tout trop sucré strudel. La mousse au foie gras que nous avons partagée en entrée s’est également avérée topissime. Petite mention spéciale pour le pain généreusement distribué tout au long du repas, une ciabatta sûrement faite maison et particulièrement savoureuse.
Il y a trois semaines, un vendredi après midi nous avons pris notre courage à deux mains et après avoir préparé deux thermos de soupe aux petits pois et une boîte de fruits et de chocolats au lait, nous sommes montées dans la vieille mini bleue direction les lacs de Jussi. Mon objectif n’était pas particulièrement ambitieux – ramasser quelques feuilles et branches pour décorer un tant soit peu notre intérieur de couleurs automnales et parcourir un piste de découverte de quelques 4 ou 5 kilomètres tout en défiant la météo qui s’annonçait plus que capricieuse.
Ce jour-là je portais des bottes en caoutchouc, une parka imperméabilisée et en dessous un pullover et une doudoune légère. Une fois dans la forêt, je ne pouvais que me féliciter de ce choix de plusieurs couches car nous avons en effet été accueillis par une pluie fine et tenace et un petit vent parfaitement coriace. Cependant, plus nous avancions dans la forêt, moins le froid se faisait ressentir et très rapidement nous avons été emportés par l’émerveillement devant les petites découvertes que nous faisions. Ici une lisière entièrement couverte de lichen façon forêt hantée, là un observatoire pour les amateurs ornithologues. En un rien de temps mon panier s’est rempli de feuilles de fougères et de myrtilles aux couleurs d’automne et d’autres petites trouvailles. Guillaume en revanche avaient aperçu quelques champignons et ne levait plus ses yeux du sous-bois. Et il faut le dire, c’était spectaculaire. Très vite on s’est aperçu qu’on ne pouvait pas faire deux pas sans tomber sur une russule ou un cèpe ou un peu plus loin encore, un champ de girolles. Hors de question d’abandonner un tel trésor.

Si vous cherchez de l’inspiration pour vos promenades dans les forêts : RMK – les randonnées et découvertes

Ce soir-là nous avons dîné d’un risotto aux girolles car pour moi c’est sans conteste le plat de champignons qui fait le mieux ressortir la saveur à la fois douce et intense de ces petites merveilles, encore meilleur si lesdites girolles ont été cueillies par nos petits soins à nous. Le lendemain matin en revanche je me suis levée un peu plus tôt que les autres pour préparer des pancakes à base d’un autre ingrédient symbolisant l’automne – la pomme. Mes parents ont quelques cinq ou six vénérables pommiers dans leur verger qui tous les ans croulent sous une quantité effrayante de fruits de variétés différentes. Ils en font du jus et des tartes et moi des quatre quarts et des crumbles. Et pour Irène, maman prépare toujours de nombreux petits pots de taille variable de compote toute simple et à peine sucrée ou carrément sans sucre. C’est justement cette compote-là que j’ai utilisée pour réaliser mes pancakes.
Vous pouvez préparer la compote vous-même ou utiliser de la compote toute faite mais il ne faudrait pas oublier que sa consistance et son goût peuvent varier et il serait donc judicieux d’adapter les quantités des autres ingrédients par rapport à cela.

Deuxièmement, vous pouvez préparer les ingrédients secs et liquides à l’avance mais ne les mélangez qu’au dernier moment car sinon le bicarbonate de soude et la levure risquent de ne plus faire d’effet. De même, montez les blancs d’oeufs et incorporez-les à la pâte le plus tard possible. C’est un inconvénient (bruyant, si vous vous servez d’un batteur électrique comme moi!) mais nécessaire afin d’obtenir des pancakes dodus et bien levés.


 

Des pancakes pour 3 et un peu pour le goûter

2 oeufs
150 g de yaourt grecque
150 g de compote de pomme
200 g de farine
100 ml de lait entier
30 g de sucre de canne
1 c. à c. de levure chimique
1 c. à c. de bicarbonate de soude
Une pincée de sel
De l’huile de colza ou de tournesol pour la cuisson

Mélangez la farine, le sel, la levure et la bicarbonate de soude et réservez.

Séparez les blancs d’oeufs des jaunes. Dans un grand bol, ajoutez le sucre au jaunes et fouettez jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la compote et le yaourt. Incorporez ensuite la préparation de farine et mélangez bien. Ajoutez du lait au fur et à mesure jusqu’à obtention de la consistance souhaitée – c’est-à-dire que la pâte doit être suffisamment liquide pour qu’on puisse la verser dans la poêle à l’aide d’une petite louche et assez épaisse pour tenir et former des pancakes agréables.

Faites chauffer votre poêle. J’ai une plaque à induction qui va de 1 à 9 et je jongle entre force 4 et 5. Une poêle trop chaude risque de cramer vos pancakes tout en laissant la pâte crue au milieu et trop froide… eh bien la cuisson prendra une éternité et fera sûrement sécher inutilement la pâte. Par ailleurs, depuis peu je me sers d’une petite poêle en fonte – elle est juste parfaite, ne colle pas (ma plus grande crainte), chauffe vite et de façon uniforme et garde longtemps la chaleur.

Maintenant que tout est prêt, montez les blancs en neige et incorporez-les à la pâte au dernier moment. Huilez la poêle, testez si elle est bien chaude et c’est parti.

Servez les pancakes avec de la confiture, de la pâte à tartiner, du sirop d’érable, parsemés de sucre glace ou tels quels. Conservez les au frais, filmés ou dans une boîte hermétique et au goûter ou au petit-déjeuner du lendemain matin chauffez-les sur le gril du four.

L’automne, déjà l’hiver avec ses biscuits trempés au chocolat

Oh les aléas du voyage ! Et bien sûr, un contretemps n’arrive que quand on a des plans et des projets. Aller au marché un vendredi matin, faire un tour dans les magasins afin de bien choisir quelques produits frais et puis passer l’après-mid dans la cuisine pour confectionner un dîner sans prétention aux nouveaux amis. Cependant SAS avait d’autres plans pour moi et ceux-ci pour mon plus grand désespoir comprenaient une nuit gratis à l’hôtel de l’aéroport de Copenhague suivie d’un petit-déjeuner sur place (d’ailleurs de façon surprenante tout à fait correct). N’empêche que cela m’a fait rentrer avec plus de 12h de retard et on ne pouvait plus vraiment parler de sérénité dans ma cuisine ce soir-là.

Malgré tout, la brioche a eu le temps d’effectuer ses deux levées réglementaires, le risotto aux moules et au potiron (rupture de butternut alors qu’il y en a toujours partout, toujours !) a reçu des compliments unanimes et certains invités, les plus téméraires avaient même su garder une petite place pour le très traditionnel crumble au pommes et aux raisins secs dégusté si affinité avec un nuage de crème fouettée.

Le lendemain fut plutôt calme, sûrement conditionné par les trop nombreuses bouteilles de champagne vidées la veille et l’heure tardive à laquelle on s’est finalement couchés. On avait vaguement projeté d’aller à Helsinki, et de revenir peut-être avec un coffre rempli de meubles comme il est de coutume mais au bout du compte nous avons juste eu assez d’énergie pour aller chez le marchand de meubles au coin de la rue, choisir quelques coussins pour le canapé convertible du salon, commander une seconde table basse et jeter notre dévolu sur un fauteuil. La petite demoiselle a bien évidemment profité de l’occasion pour grimper sur chaque divan et lit qu’il lui a été donné de croiser, courir entre les objets de décoration d’une facture plus ou moins fragile déposés avec attention ici et là (miraculeusement pas de casse !) et pousser de petits cris de réjouissance purs et retentissants.

Dimanche nous avons prévu un promenade dans le majestueux parc de Kadriorg pour imprégner nos esprits de jolies couleurs dorées des feuilles d’érables et de l’odeur d’une nature évanescente. Dans notre coin du monde l’automne étant imprévisible et l’arrivée de l’hiver toujours une surprise, je tenais à tout prix profiter de ce week-end Et en effet, dix jours plus tard la première neige est tombée. Les joues roses et les doigts gelés, nous nous sommes cependant dirigés rapidement vers NOP, le refuge dominical par excellence. C’était l’occasion pour moi de découvrir ce plat dont tout le monde semble parler en ce moment, le shakshuka. Très relevé, certes, mais finalement parfait pour se réchauffer après une matinée à l’air frais – il ne faisait que 4°C ce jours là.

Cet après-midi j’ai enfourné pour la deuxième fois déjà des petits gâteaux au chocolat trouvés ici chez Local is Lovely. Cette fois-ci j’ai décidé de les parsemer d’éclats de noisettes torréfiés et de fleur de sel et c’était très bien comme ça. Si l’envie vous prend, remplacez les noisettes par des noix de pécan, ajouter des fruits secs, des pétales de rose, du zeste d’orange… ou rien du tout. Vous verrez, j’ai effectué quelques changements mineurs mais ceux-ci ne sont vraiment pas nécessaires.

Pour les biscuits

120 g de flocon d’avoine
120 g de farine
60 g de sucre Muscovado
1/2 c. à c.  de bicarbonate de sodium
1/2 c. à c. de sel
120 g de beurre
Un peu de lait entier

Pour le glaçage

140 g de chocolat au lait
40 g de noisettes
Fleur de sel

A l’aide d’un robot, moulinez les flocons d’avoine en farine, cette farine devrait rester quelque peu rustique pour donner de la texture aux biscuits. J’utilise l’avoine à cuisson rapide qu’Irène mange le matin en bouillie avec ses compotes ou la banane écrasée et ça semble fonctionner plutôt bien. Ensuite, dans un bol, mélangez la farine d’avoine obtenue, la farine (de blé chez moi), le sucre, le bicarbonate de sodium et le sel. Coupez le beurre en petits morceaux, ajoutez-le et travaillez le mélange du bout des doigts jusqu’à l’obtention d’une pâte à crumble. Ajoutez 1 à 2 c. à s. de lait afin de lier la pâte.

Au lieu de l’étaler, je préfère en former un boudin de 5 cm de diamètre que j’ai filme et que je dépose au frigidaire (au moins 30 minutes).

Pendant ce temps, préchauffer le four à 180°C et couvrez deux plaques de cuisson de papier sulfurisé.

Faites grillez vos noisettes dans une poêle pendant 5 à 10 minutes. Cela rehaussera leur goût et vous permettra d’enlever la peau plus facilement. Grillées, mettez-les dans un torchon propre et frottez-les, la peau partira bien plus facilement qu’à froid.

Sortez la pâte et découpez-la en disques de 5 mm d’épaisseur. Si besoin servez-vous de vos doigts pour leur donner la forme parfaite. Déposez les disques sur les plaques de cuisson et faites-les cuire à chaleur tournante une vingtaine de minutes.

Déposez le chocolat coupé en morceaux dans un bol allant au four. A la sortie des biscuits, mettez le chocolat à fondre dans le four préalablement éteint pendant 5 minutes. Quand le chocolat est fondu, mélangez-le et trempez les biscuits dedans afin de couvrir un des deux faces uniformément.

Déposez les biscuits nappés de chocolat sur une grille à pâtisserie et parsemez-les de noisettes et de fleur de sel.